HORTUS DELICIARUM

AVIS AU RELIEUR

pour le placement du texte et des planches.

I. TEXTE.

Relier d’abord l’introduction, puis les trois tables, ensuite Lnl wT;,nt à 5y; - lcs si* l*ges premier

supplément marqUéeS dUI1 astériscluc *i ~ enfin ïe second

n. PLANCHES.

I On peu, choisir entre les deux arrangements que voici:

U a ) placer les planches comme le texte explicatif, c’est-J-

£ , dans lordre numérique I à LXXX, en faisant

| neanmoins suivre la planche XI de XI bis et de XI 1er

« ct la Pl-mche XXX de XXX bis.

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HORTUS DELICIARUM.

Hortus deliciarum PL LXXVI

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LA FEMME DE L’APOCALYPSE

SYMBOLE DE LA SAINTE VIERGE ET DE L’ÉGLISE

HERRADE DE LANDSBERG.

Publié aux Frais de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace.

TEXTE EXPLICATIF COMMENCÉ PAR LE CHANOINE A. STRAUB, t 1891,

ET ACHEVÉ PAR LE CHANOINE G. KELLER.

1879 1899.

STRASBOURG,

IMPRIMERIE STRASBOURGEOISE.

EN COMMISSION CHEZ TRÜBNER, LIBRAIRE-ÉDITEUR.

HERRADE de Landsberg

ET SON OEUVRE.

Introduction.

Les grandes entreprises ne peuvent d’ordinaire s’accomplir du jour au lendemain, mais il faut souvent un temps consi¬ dérable pour les préparer et en assurer la bonne exécution. La publication des calques connus du ffortus deliciarum n’a pas échappé à cette loi commune, elle a duré peut-être autant de temps que l’abbesse Herrade en a employé à composer le merveilleux original.

Mais avant de parler des péripéties de la reproduction, il nous semble utile de donner quelques courtes notions sur l’auteur du célèbre manuscrit, sur le manuscrit lui-même et sur les vicissitudes qu’il a subies, car nos lecteurs n’ont pas tous sous la main les ouvrages spéciaux d’ALBRECHT, de Maurice Engelhardt, de Le Noble, de L. Delisle, de R. de Lasteyrie, de L. Spach, de Ch. Gérard, de J. Gyss, de Ch. Schmidt et d’autres auteurs qui se sont appliqués à relever la science et l’esprit poétique et artistique de la pieuse abbesse.

Originaire du château de Landsberg, dont les ruines se dressent encore sur un des flancs de la montagne de Sainte-Odile, Herrade naquit probablement entre les années 1126 et n3o. A cette époque, le couvent fondé par sainte Odile au commencement du huitième siècle, était déchu de sa splendeur primitive. Le duc d’Alsace et de Souabe, Frédéric II le Borgne, monoculus, sans doute avoué (F ogt ) du monastère, avait abusé de sa position et, au lieu d’en défendre les intérêts, s’était emparé d’une partie de ses biens. La situation matérielle était donc en décadence, et d’autre part, comme nous l’apprend une inscription d’une des dernières miniatures du ffortus deliciarum, le culte divin n’était plus régulièrement célébré et la discipline religieuse s’était relâchée.

Heureusement le fils se fit un devoir de réparer, encore du vivant de son père, les malheurs causés par celui-ci ; dès n4o ou 1 1 4 1 ce fils, Frédéric 111, duc d’Alsace et de Souabe, élevé bientôt après à la dignité impériale et connu sous le nom de Frédéric I Barberousse, fit placer à la tête du monastère de Hohenburg, une de ses parentes jusqu’alors religieuse du couvent de Bergen en Bavière, Rélinde, femme remarquable par sa piété, sa science et ses talents et parfaitement digne de remplir cette charge.

Encouragée et soutenue par les conseils de Burckard, évêque de Strasbourg, Rélinde s’appliqua aussitôt à réparer les dommages spirituels et matériels qu’elle avait trouvés et à rendre florissante l’ancienne école du monastère, les jeunes filles des familles nobles du pays venaient recevoir une éducation conforme à leur rang. Elle eut ainsi le mérite de former une élève admirablement douée par la nature et la grâce, qui devait lui succéder dans sa charge, achever l’œuvre de régénération si bien commencée, et surpasser encore sa maîtresse en lui restant toujours unie par une touchante et profonde reconnaissance. Cette élève était Herrade de Landsberg.

Lorsque Rélinde eut fermé les yeux, le 22 avril 1167, Herrade, qui depuis quelques années l’avait assistée comme coadjutrice, fut élevée à la dignité abbatiale. Sous son administration sage et prévoyante le monastère de Hohenburg atteignit l’apogée de sa prospérité et de sa gloire. Herrade fit régner l’ordre dans les finances, l’économie dans la gestion des domaines, la régularité et la discipline monastique parmi les religieuses soumises à son autorité. A une grande douceur et à une profonde piété elle joignait une fermeté et un sens pratique très remarquables. Pour assurer le service divin dans la chapelle du monastère, elle fonda successivement le prieuré de Saint-Gorgon, en y plaçant des Prémontrés d’Etival, et plus tard, à Truttenhausen, une prévôté de chanoines réguliers de Saint-Augustin, avec un hôpital pour les malades et un hospice pour les pauvres passagers, comme sainte Odile l’avait fait quelques siècles auparavant à Niedermünster. Dans les dernières années de sa vie, Herrade prit encore soin de faire confirmer tous les statuts et tous les privilèges de son couvent par l’évêque de Strasbourg, Conrad de Hüneburg.

Pour clore dignement une vie si bien remplie, Dieu envoya à notre abbesse une immense infortune à consoler et à soulager. L’empereur Henri VI, après la mort de Tancrède, roi de Sicile, s’était emparé de cette île ; au lieu de se souvenir de la générosité du prince défunt, qui peu auparavant lui avait rendu en la comblant d’honneurs l’impératrice devenue sa prisonnière, il relégua Sybille, la veuve de Tancrède, avec ses filles au couvent de Hohenburg, Herrade s’employa de son mieux à adoucir l’exil de ces princesses, en versant sur leurs cœurs ulcérés le baume de la charité chrétienne. C’était la dernière année de sa vie: elle rendit sa belle âme à Dieu le 25 juillet 1195.

Les chartes relatives aux fondations et aux privilèges, dont nous avons parlé plus haut, prouvent non seulement l’activité et la prudence de l’abbesse dans le gouvernement de son monastère, mais encore la haute considération dont l'honoraient les grands personnages qui ont apposé leurs signatures à ces titres, et cependant, comme le remarque justement L. Spach, ces titres ne peuvent nous donner une idée complète du noble caractère d’Herrade. «Pour étudier à fond, dit-il, pour connaître Ilerrade, il faut aborder résolument le volume qu’elle nous a légué et dans lequel sont déposées les aspirations de son âme, les créations de sa main d’artiste, les résumés de ses lectures savantes, les rêves de sa belle imagination et les chants de triomphe quelle entonne en l’honneur de son maître, de son Sauveur, de son divin fiancé.® Le HorLus deliciarum renferme en effet tout cela.

Dans sa préface, Herrade dit elle-même à ses i-eligieuses : «Ce livre intitulé Jardin des délices, je l’ai composé moi, petite abeille, sous l’inspiration de Dieu, du suc de diverses fleurs de l’Éci-itui-e Sainte et des ouvrages philosophiques, et je l’ai construit par amour pour vous, en quelque sorte comme un rayon de miel pour l’honneur et la gloire de Jésus-Clmst et de l’Église. C’est pourquoi je vous engage à rechei’cher souvent dans ce livre le doux fruit qu’il renferme, et à réconforter par ces gouttes de miel votre espx-it fatigué afin que, noui'i’ies de douceurs spirituelles, vous puissiez parcourir sans danger les choses passagèi'es de ce monde, et que moi-même, ayant à traverser les voies dangereuses de cette mer agitée, je sois par vos puissantes prières préservée de toute affection terrestre et entraînée avec vous vei-s le ciel, dans l’amour du Christ, voti-e bien-aimé Herrade ne pouvait exprimer ni plus clairement, ni avec plus de charme le but quelle se pioposait. Son livre était un î-ecueil de morceaux choisis dans toutes les branches des connaissances humaines, tirés de l’Écriture Sainte, des Pères de l’Église et d’autres écrivains, le tout entremêlé de gracieuses poésies de sa composition, dont quelques-unes mises en musique, car Herrade était poète et musicienne ; le tout illustré de nombreuses miniatures qui ont un intérêt capital pour l’histoire de la peinture et des coutumes de cette époque reculée, de même que pour l’histoire du symbolisme chrétien; le tout enfin pour instruire les chères x-eligieuses confiées à sa direction et pour les faire avancer dans l’amour du Christ et de l’Église.

Comme elle indique très souvent la source d’où elle a tiré ses articles, nous pouvons nous faire une idée de son érudition et de la richesse de sa bibliothèque. Après la Bible elle cite particulièrement St. Grégoire le Thaumaturge, St. Irénée, St. Ambroise, St. Jérôme, St. Jean Ciirysostome , St. Augustin, St. Léon -le -Grand, Gennadius, St. Isidore de Séville, Bède-le- Vénérable, St. Anselme, Honorius d’Autun, Rupert, Pierre Lombard et Pierre Comestor ; ces derniers étaient contemporains de l’abbesse, ce qui prouve qu’Herrade était au courant du mouvement littéraire de son temps et qu’elle avait su se procurer aussitôt des copies de ces ouvi-ages nouveaux. Lorsqu’elle ignorait le nom de l’auteur d’un article qu’elle copiait, elle mettait en tête : In sermone cujusdam doctoris.

Le comte A. de Bastard, qui avait pendant une dizaine d’années l’original entre les mains, a eu soin non seulement de faire copier une grande partie du texte, mais encore de dresser une table des matières ou description du manuscrit feuille par feuille ; ces copies et ces précieuses notes sont maintenant déposées à la Bibliothèque nationale de Paris, ce qui permettra à la Société pour la Conservation des monuments historiques d’Alsace de continuer l’œuvre de la reconstitution du Hortus deliciarum , en publiant successivement ces textes, comme elle vient de publier les calques connus des miniatures. Cette prévision nous dispense de donner, comme l’ont fait Engelhardt, L. Spach, Ch. Gérard et Ch. Schmidt, une analyse des sujets traités dans le célèbre manuscrit. D’ailleurs, notre deuxième table, qui donne la suite des miniatures du précieux volume, fait aussi connaître, du moins indirectement, la succession des articles du texte, car les miniatures sont toujours en rapport avec le texte, dont elles étaient l’illustration.

Quant aux miniatures elles-mêmes, qui donnaient au manuscrit sa haute valeur, nous avons cherché dans le texte explicatif de chaque planche à en exposer le symbolisme et à relever toutes les particularités intéressantes. Pour compléter notre travail nous croyons devoir donner ici encore quelques notions générales sur les procédés suivis par Herrade, sur les couleui-s employées, etc.

Noti-e artiste traçait d’abord à la plume les contours des images et les plis des vêtements, puis elle mettait la couleur locale, appliquait les ombres et ensuite les lumières ou rehauts, soit avec de la couleur blanche, soit en épargnant le parchemin; enfin elle revenait sur les contours et les plis avec du noir ou du brun. Les couleurs étaient généralement vives et la palette de l’artiste était assez complète ; elle employait le rouge de Saturne, le vermillon, la laque pourpre, diverses nuances de bleu, la cendre verte et de verts foncés, enfin le brun-marron. Le jaune paraît rarement dans un ton clair et éclatant, d’ordinaire c’est un jaune d’ocre. L’or et l’ai-gent de certains nimbes et de quelques broderies étaient appliqués en feuille, l’argent avait noirci. L’usage de ces métaux était assez restreint dans noti-e manuscrit. On ne s’étonnera pas de certaines incorrections de dessin, quand on songe que du neuvième siècle jusqu’au douzième la peinture historiée était restée stationnaire; toutefois les proportions des personnages sont assez bien gardées, les mains sont généralement mieux dessinées que les pieds, elles ont toujours un mouvement expressif. Les ombres des carnations sont portées en vert, l’in¬ carnat des joues n’est souvent qu’une tache î-ouge non adoucie sur les bords, et les yeux sont ordinairement fixes et sans regai-d, de sorte que les physionomies en général se ressemblent et n’ont pas de caractère individuel. Il faut excepter les figures du Christ, de la Viei-ge, des anges, des prophètes et des apôtres, que la piété d’Herrade lui a fait dessiner avec un soin tout particulier ; on peut excepter encore quelques figiu-es exprimant la dépravation extrême du vice, par exemple Lucifer après sa chute, la Superbia et la Colèx-e personnifiées. L’architecture des bâtiments du Hortus est celle du douzième siècle, c’est-à-dire de style roman, d’un bon dessin géométrique, mais ordinairement de propoi'tions trop petites et de couleurs fantastiques. Ce qu’il y a de plus défectueux dans les miniatures du Hortus , c’est l’absence de toute perspective linéaire et aérienne, c’est aussi l’impuissance de l’artiste à reproduii-e la beauté d’un paysage.

Par contre Herrade excelle dans l’attitude noble et naturelle de ses figures, dans l’agencement des draperies, dans la composition de ses groupes; on peut citer comme exemples:, la création des Anges et Lucifer dans sa gloii-e, l’arbre généa¬ logique du Christ, la grande scène du crucifiement, l’Ascension, l’édifice de l’Eglise, le Pressoir divin, la Femme de l’Apoca¬ lypse, notre frontispice en couleurs et bien d’autres miniatures.

Remarquons encore que les figures de la Divinité, du Christ, des anges, des prophètes et des apôtres portent le costume traditionnel de l’art chrétien antique, comme dans les vieilles mosaïques ; toutes les autres figures sont costumées comme au temps d Herrade ; les Juifs se reconnaissent au chapeau pointu qu’ils étaient obligés de porter à cette époque dans les pays chrétiens ; les guerriers de l’Ancien Testament sont des chevaliers du douzième siècle revêtus de cottes de mailles, leurs boucliers sont longs et triangulaires, de couleurs diverses, sans armoiries. La peinture devait être la récréation favorite de notre abbesse : quelle profusion d'images, quelle richesse d’imagination et d’invention dans ces tableaux si pleins d’allégories et de symbolisme !

Combien de temps Herrade a-t-elle mis à exécuter le Hortus deliciarum ?

Nous n’avons nulle certitude à cet égard. A en ci’oire une note qui a se trouver à un endroit traitant des fêtes mobiles et conçue en ces termes : Si quœritur quo tempore factum est, anno millesimo centesimo quinquagesimo nono, Herrade l’aurait déjà commencé en 1 1 5g, encore du vivant et sans doute par les conseils de la savante abbesse Rélinde. Une autre page portait : facta est hœc pagina anno MCLXXH. Enfin une note écrite par les Chartreux de Molsheim donnait 1 année 1180 comme date probable de l’achèvement du codex. S’il nous est permis d’exprimer notre humble avis, nous pensons que notre pieuse artiste a traité la perfection de cette œuvre comme celle de sa propre âme, c’est-à-dire quelle ne l’a jamais considérée comme achevée, mais qu’elle s’en est occupée aussi longtemps que ses forces et les devoirs multiples de sa charge d’abbesse le lui ont permis. Notre opinion peut s’appuyer sur le fait de l’intercalation de 69 feuillets d’un moindre format sur les 3cz4 feuillets dont se composait le codex en dernier lieu. Une note du XIVe siècle lui en donnait 342, de sorte que depuis lors 18 feuillets auraient été enlevés.

Après la mort d’Herrade, son œuvre, entourée d’une espèce de vénération, fut religieusement conservée dans le trésor des saintes reliques du monastère de Hohenburg ; c’est ce qui explique sa conservation à travers les nombreux incendies qui désolèrent le couvent. Au témoignage de Jérôme Gebwjller, dans sa Vie de sainte Odile, le précieux manuscrit se trouvait encore à Hohenburg en i5ai, mais après l’incendie formidable de 1546 le monastère ayant été presqu’entièrement détruit et les religieuses dispersées, l’évêque de Strasbourg, Erasme de Limbourg, en ordonna la translation aux archives de son château à Saverne. 11 y était encore en 1609, mais ensuite il passa, on ne sait quand ni comment, à la Chartreuse de Molsheim, il fut conservé secrètement et l’on fit une copie du texte. En 1790, à la suppression des couvents, le prieur de la Chartreuse en fit la remise à l’administration du district, qui le déposa dans la Bibliothèque du département. Bientôt après le monastère de Hohenburg ayant été acquis comme bien national par le chanoine Rumpler, celui-ci réclama le précieux manuscrit au nom de la famille deLandsberg; il l’obtint en effet en 1794, mais ne put le garder que quelques années. Le directoire du département examina à nouveau et plus soigneusement la question et ordonna la réintégration du Hortus deliciarum dans la Bibliothèque départementale, qui sous l’empire de Napoléon 1er devint Bibliothèque de la Ville. Depuis lors l’œuvre de l’abbesse Herrade fut le joyau le plus précieux de la Bibliothèque publique de Strasbourg.

Sous le règne de Louis-Philippe M. le comte de Bastard demanda et obtint la communication du Hortus deliciarum pour son grand ouvrage intitulé : Peintures et ornements des manuscrits. Après une dizaine d’années que M. de Bastard mit à profit pour copier de nombreuses miniatures et faire des extraits du texte, le manuscrit rentra à la Bibliothèque de notre ville . . . hélas ! c’était pour y être détruit vingt ans plus tard.

En 1870 la ville de Strasbourg lut bombardée, et, dans la nuit du 24 au 25 août un terrible incendie, allumé par les batteries de l’armée assiégeante, dévora tous les trésors littéraires et artistiques accumulés dans le chœur de l’ancienne église des dominicains. Ainsi périt ce vieil et unique témoin des connaissances, des costumes, des usages et de l’art du douzième siècle, et avec l’incomparable original périt également la copie complète du texte faite par les Chartreux de Molsheim.

11 ne nous reste plus qu’à faire en peu de mots l’histoire de la reproduction des calques existants. C’est dans la séance générale tenue à l’Hôtel de Ville de Strasbourg le 6 mars 1873, la première séance générale après la guerre, que la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace décida de publier tout ce qui restait du manuscrit de Herrade de Landsberg, et M. Straub, alors secrétaire du comité et bientôt après président de la Société, se chargea de soigner la publi¬ cation. Celle-ci cependant subit bien des retards : il fallait d’abord se fixer sur le mode de reproduction, lithographie, phototypie ou gravure, sur la grandeur du format, sur le choix de la maison à laquelle le travail serait confié. Il fallait aussi coordonner les calques que l’on connaissait alors, c’est-à-dire ceux de la collection de l’Œuvre Notre-Dame, les esquisses d’ENGELHARDT et quelques calques exécutés par M. Straub. Tout cela prit beaucoup de temps, de sorte que la première livraison de dix planches, de la grandeur de l’original, imprimées par les procédés héliographiques de M. Kræmer à Kehl, ne parut que peu avant l’assemblée générale du 20 mars 1879. La deuxième livraison parut deux ans plus tard, fin mars 1881. La troisième fut distribuée en mai 1882 et la quatrième en juillet 1884. Il y eût alors un arrêt occasionné par la découverte des calques de M. A. de Bastard, déposés à la Bibliothèque nationale de Paris, que le Comité décida de faire copier ainsi que les calques déjà publiés par Engeliiardt, afin de donner de l'Œuvre une reproduction aussi complète que possible. C’est ce qui explique le grand nombre de planches supplémentaires marquées bis, ter et quater, dont les sujets sont en rapport avec ceux des mêmes numéros simples.

M. Straub, que de nouvelles charges retenaient très occupé d’autre part, ne parvint plus à publier la cinquième livraison, qu’il avait cependant préparée en partie. 11 mourut subitement le 27 novembre 1891, et le soin de continuer la publi¬ cation du Hortus deliciarum fut confié à son ancien élève et ami M. le chanoine Keller. La cinquième livraison put paraître en janvier 1893, la sixième en juin 1894, la septième en juin 1895, la huitième en avril 1896 et la neuvième en avril 1897. Nous fûmes alors avisé qu’il y avait un certain nombre de calques excellents au Cabinet royal des estampes à Berlin, nous reçûmes en même temps quelques autres calques d’autre part, et ainsi le nombre des livraisons fut porté jusqu’à onze.

La dixième fut distribuée à la fin de juin 1898, et la onzième (deuxième supplément), composée de douze planches parut au mois de mai de la présente année 1899.

11 l'estait encore à donner un titre, une notice historique et quelques tables pour faciliter les recherches et rendre notre publication d’un usage plus pratique pour les artistes. On nous saura gré de nous être soumis sans désemparer à ce dernier travail d’autant plus long et plus minutieux, que les calques découverts successivement, durant un long espace de temps, n’avaient pu être publiés d’après l’ordre du manuscrit.

De plus, le Comité de la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace décida de donner comme frontispice un spécimen du coloris des miniatures du Hortus, et choisit à cet effet la belle planche de la Femme de l’Apocalypse, symbole de la sainte Vierge et de l’Eglise, pour la faire reproduire en chromolithographie. L’œuvre entreprise en 1873 s’achève ainsi noblement et dignement vingt ans après l'apparition de la première livraison. M. le chanoine Straub 11e comptait d’abord que sur environ 60 planches, nous sommes arrivés presque au double.

Toutefois notre publication est loin de reproduire tous ms dessins de l’original qui en contenait 33G; sur ce nombre 104 nous manquent totalement et pour s3 autres nous n’avons que des fragments incomplets. Cependant comme nous possédons toutes les grandes miniatures, nous voulons dire celles qui remplissent le folio tout entier, sans que l’on puisse les décomposer en plusieurs tableaux, telles que l’arbre généalogique du Christ, l’échelle des Vertus, etc., nous pouvons dire que nous avons les deux tiers des miniatures de l’original.

En regrettant la perte irréparable de ce qui manque, nous sommes heureux d’avoir pu publier ce qui reste, et, arrivé à la fin de notre tâche, nous remercions sincèrement la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à élever ce monument à Hërrade de Landsberg, une des figures les plus suaves du moyen âge religieux, une des gloires les plus pures de notre chère Alsace.

Strasbourg, le ier août 1899.

Le chanoine G. KELLER.

VIII

HORTUS DELICIARUM

Première Table.

TABLE COMPLÈTE DES PLANCHES AVEC INDICATION DES DIVERS SUJETS, SELON L'ORDRE DE PUBLICATION.

Planche.

Folio du

Folio du

LIVRAISON I.

manuscrit.

I.

Création des Anges .

3 R"

XIII.

Pharaon recevant Moïse et Aaron (fragment)

38

Lucifer dans sa gloire .

3

20 Cantique des Hébreux après le passage de

n.

Révolte de Lucifer .

3

la mer Rouge .

38

Sa chute .

3 V"

XIV.

Moïse reçoit sur le Sinaï les Tables de la Loi

40

iii.

La Sainte Trinité tenant conseil .

8

20 Le Veau d’or .

40

Création des corps lumineux .

8

XV.

Le Tabernacle vu à l’intérieur avec tout son

IV.

8

8

XVI.

V.

io

Les Zones et les Signes du Zodiaque . . .

n

30 David et Goliath .

54 V"

VI.

Les Vents .

13

XVII.

Judith coupant la tête à Holoferne .

60

Le Microcosme .

1 6

20 Judith revient à Béthalie .

60

VII.

Formation du corps d’Adam .

17 R"

XVIII.

Festin d’Assuérus, Châtiment d’Aman. . . .

60

Spiracuhiin vitae .

17

20 Marie, sœur de Moïse, guérie de la lèpre .

5x V”

Formation d’Ève .

17 R”

30 Esdras remettant un rouleau aux trois Rois

Défense leur est faite de manger du fruit de

Cyrus, Darius et Artaxerce .

60

l’arbre de la science du Bien et du Mal . .

17 R"

XIX.

Les quatre Grands Prophètes et les quatre

VIII.

Désobéissance d’Adam et d’Ève .

17

premiers des douze Petits: Osée, Joël,

17

63

Leur expulsion du Paradis .

I7

Un Chérubin garde l’entrée du Paradis. . .

19 R”

LIVRAISON III.

IX.

Adam et Lve au travail .

27

Noé coupant un raisin .

29

XX.

Les huit derniers des Petits Prophètes. . .

63

Noé buvant une coupe de vin .

29

XXI.

Jonas vomi par la baleine, et ville de Ninive.

64

X.

Péché de Cham .

29

XXII.

L’Ancien et le Nouveau Testament réunis. . .

67

Construction de la Tour de Babel .

27

XXIII.

Réprobation des Anciens Sacrifices et institution

du Nouveau .

67

XXIV.

Le Léviathan pris à l’hameçon .

84

LIVRAISON II.

XXV.

Partie de la Prophétie de Zacharie, la pierre

avec les sept yeux .

6 5

XI.

Les neuf Muses .

31

20 Partie supérieure de l’Arbre généalogique

Loth introduisant les Anges dans sa demeure

34 V"

du Christ .

80

XP"

La Philosophie et les Arts libéraux .

32

XII.

Jacob reçoit la bénédiction d’Isaac .

3 6

XXVI.

La Naissance du Sauveur .

92

L’Échelle de Jacob .

36

20 L’Annonciation aux bergers .

92

IX

XXVII.

L’arrivée des Mages chez Hérode .

92

XII4".

Massacre des Innocents .

98

XXVIII.

Saint-Jean baptisant dans le désert .

98 Y0

XV4".

20 Baptême de Jésus-Christ .

100

XV'".

XXIX.

Les quatre éléments: air, feu, terre et eau.

10

20 Entrée d’une maison, fragment de la minia-

ture de la guérison du^fils du Regulus .

126

Miniature des deux hommes couchés dans

un lit .

112

LIVRAISON IV.

XI'".

Détail de la miniature du fol. 51''° .

SI .V"

(Guerriers suivant l’arche d'alliance dans le désert.)

Siège de Dan .

34 R"

30 Combat de Josué contre les Amalécites . .

40

XXX.

Deux femmes occupées au moulin . ...

112

20 Deux hommes dans le champ .

112

XXV4".

XXX»"

Parabole du Seigneur qui invite au festin.

(Fragment: alius dixit: Uxorem duxi). . .

1 19

XXVII4".

20 Guérison du fils du Regulus (fragment) . .

126

Possédé .

126 V°?

Parabole du Bon Samaritain (le voyageur

XXIX4".

frappé par les brigands: prêtre à cheval)

108

XXXI.

Parabole de l’ivraie et du bon grain (fragment)

120

Jeune homme richement vêtu .

p

Paralytique guéri .

I25?

40 Parabole du Père de famille qui a affermé

sa vigne (scène finale : les fermiers

massacrent le fils) .

129

50 Une reine et sa suivante (fragment) .

225

XXXII.

Guérison d’un sourd (fragment) .

116

20 Le Christ de la Transfiguration .

118

30 Le paralytique descendu de la toiture . . .

.23 R"

XXXIII.

Mort du mauvais Riche et du pauvre Lazare .

123

XXX'".

20 La Samaritaine .

126

XXXIV.

Parabole du repas (S1. -Luc. XIV, 16). . . .

1 19

20 Parabole du Roi qui marie son fils (S'.-Matth.

XXII, 13). Le convive sans la robe nuptiale

129

XXXV.

Les disciples dormant au jardin des Olives

13S

XXX?"-"".

20 Arrestation de N. S .

138

XXXVI.

Deux disciples (fragment de la Multiplica-

tion des pains) .

116

20 Reniement de saint Pierre (fragment). . . .

141

30 Hérode sur son trône (fragment de Jésus

devant Hérode) .

141

XXXVII.

Pilate interrogeant le Christ (fragment) . . .

141

XXXII4".

20 Songe de la femme de Pilate, et message

envoyé par elle à son mari .

143 R"

LIVRAISON V. (Supplément.)

XI ?“"'".

Abraham victorieux ramenant des prisonniers

et du butin ; Melchisédech vient au-devant

de lui .

34 R”

XXXIV4".

20 Abraham délivrant Loth .

34 R"

30 Sacrifice d’Isaac (fragment) .

36

Joseph vendu par ses frères .

Moïse divisant la mer Rouge .

Dessin au trait du Tabernacle vu à l’intérieur. L’arche d’alliance avec la colonne de feu et

la nuée .

Moïse conduisant les Hébreux au mont Sinaï (fragment: quelques enfants) . . . . Jeune homme, détail d’une des miniatures

du fol. 6o .

Nabuchodonosor, détail de la miniature des jeunes gens dans la fournaise ardente . . Deux dessins de la sainte Vierge avec l’enfant Jésus:

Celle d’en haut est de l’adoration des Mages

du fol .

Celle du bas est un fragment de la Pré¬ sentation au Temple . . .

Grande miniature complète de l’Arbre généalo¬ gique du Christ .

Sommeil des Mages .

Départ des Mages .

Adoration des Mages .

Voyage des Mages .

Écuyer d’Hérode dans la miniature des

Mages devant Hérode .

Un des docteurs de la miniature de Jésus-

Enfant dans le Temple .

Miniature de la prédication de Jésus (fragment)

Démoniaque guéri par N. S .

Figure d’une porte de ville d’où sort un homme portant sur l’épaule un bâton auquel est suspendue une tunique (peut- être fragment de la miniature des dix lépreux fol. 123 ou 126 ?) . . . . Parabole du bon Samaritain; (le Prêtre et le Lévite passant à côté du malheureux

blessé) . . .

20 Fin de cette parabole (le blessé conduit à

l’hôtellerie) .

Le jeune homme riche refusant de suivre

Jésus-Christ .

20 La fille de la Chananéenne guérie .

30 Jésus montrant un enfant en disant: Nisi

efficiamini sicut parvuli etc .

40 Deux possédés guéris .

50 Un des dix lépreux .

Le mauvais Riche à table et le pauvre Lazare, dont les chiens lèchent les ulcères. 20 Le pauvre Lazare dans le sein d’ Abraham et le mauvais Riche dans les flammes de l’enfer

LIVRAISON V-VI (en partie supplément), j

Le débiteur insolvable .

20 Parabole: Homo quidam fecil cœnam magnam, dernier tableau .

Folio du manuscrit.

36 38 45

51

40 60 65 V”

92

92

80 92 V. id. id.

92

92

98 101 106

108

111

112 116

1 18 123 126 Ro

123 Ro

123

iii 119

Planche.

Folio du

Planche.

Folio du

manuscrit.

manuscrit.

'XXXVP'X

Reniement de saintPierre, miniature complète

XL VIII.

La Prudence opposée à la vaine Gloire . .

202

présentant les trois reniements .

141

20 La Justice contre la Fausseté, qui est décapitée

202

Une figure, et

30 Chevaux du char de la Luxure. Les Vertus

Un groupe de la miniature de Jésus conspué

sont près de se rendre .

202 F_°

par les Juifs, ou de celle le Sauveur

XLIX.

La Tempérance renverse le char de la Luxure

202

est conduit devant Pilate .

141

20 La Volupté s’enfuit au milieu des épines,

XXXVI'".

Autre groupe de jeunes gens pris de l’une

et ses suivantes jettent leurs ornements.

202

de ces miniatures .

141

30 L’Avarice partage avec ses suivantes le fruit

Le Seigneur conduit devant Hérode ....

141

de ses rapines .

202

Détail de la flagellation .

141

L.

Crimes causés par l’Avarice .

203

V».

Le char du Soleil .

I3r-

20 La Largesse enlève à l’Avarice son or et la tue

203

Le char de Pharaon .

38 V*

30 La Largesse distribue aux pauvres l’or de

David jouant du psalterium .

59

l’Avarice .

203

iii

LI.

Char de l’Avarice .

203

XXXVIII.

Grande scène du crucifiement .

150

20 Le Blasphème et sa suite .

203

XXXIX.

Ensevelissement de N. S .

15°

LU.

Char de la Miséricorde .

204

Apparition de Jésus aux saintes femmes. .

160

20 Le Courage contre le Blasphème .

204

XL.

Dernier repas de Jésus avec ses disciples. .

167

LUT.

Salomon dormant, entouré des soixante Forts

L’Ascension .

167

d’Israël .

204

XLI.

Descente du saint 'Esprit sur les Apôtres. . La sainte Vierge avec saint Jean l’Evangéliste,

167 V

20 Salomon à table .

204

patron des vierges .

176

LIVRAISON VIII.

XLII.

Saint Paul se présente aux Apôtres et est

LIV.

Quelques détails:

envoyé par saint Pierre, saint Jacques et

fl) Simon-le-magicien offrant de l’argent aux

saint Jean pourprécher l’Evangile aux Gentils

199

Apôtres .

180

Saint Paul baptisant l’Éthiopienne .

199 R"

b) Saul recevant du grand-prêtre des lettres

186

L’Église conduite par les Apôtres devant le

c ) écuyer à tunique courte, tiré de la miniature de Salomon construisant le temple . . .

Roi céleste Jésus-Christ, qui lui impose

199

209

une couronne .

d ) autre écuyer à tunique longue, tiré de la

XLI II.

Commencement du combat des Vices contre

scène de Salomon s’entretenant avec la

les Vertus. La Supcrbia .

199 V"

Reine de Saba .

209

Défaite de l’orgueil, l'Humilité lui coupe

20 Voyage de la Reine de Saba .

209

la tête . . .

199

30 Les Filles de Jérusalem devant le trône de

Défaite de l’Idolâtrie. La Tristesse combat

Salomon .

209

l’Espérance .

199

LV.

Salomon regardant un jeu de marionnettes

215

20 Salomon et la Roue de la Fortune .

215 R"

1 LVI.

L’Echelle des Vertus .

LIVRAISON VII.

iLvn.

Les Sirènes endorment les navigateurs . . .

221

XLIV.

Combat des Vices contre les Vertus (suite) . .

200

200

LVIII.

20 Les Sirènes déchirent les navigateurs endormis Ulysse et les Sirènes .

221

221 225

L Humilité et ses suivantes .

L’Idolâtrie contre la Foi et ses compagnes.

20 Les renards prés de la Vigne (Cant. II, 15)

LIX.

L édifice de 1 Église contenant les fidèles ....

225

L’Espérance avec sa suite combattant contre

LX.

Divers détails:

la Tristesse à qui elle coupe la gorge. .

200

1 0 Judas mercator de la miniature de Jésus chassant

XLV.

La Colère et ses suivantes .

200

du temple les usuriers, les voleurs, etc.

238

S. Envie et ses suivantes .

200

20 Le brigand, ibid .

238

La Charité tue l’Envie. La Gourmandise

30 Le fornicateur, ibid .

238

et sa suite combat la Sobriété .

200

40 Un lépreux, tiré de l’allégorie de la con-

XL VI.

La Patience contre la colère, qui se suicide

201

version des pécheurs .

238

201

50 Réconciliation du lépreux .

238

La Sobriété contre la Gourmandise à qui

La colombe d’or .

240

elle perce le ventre .

201

LXI.

Le pressoir divin, grande miniature .

241

XL VIL

La vaine Gloire contre la Prudence .

201

LXII.

Histoire de l’Antéchrist.

Mort de la vaine Gloire. Combat de la

Il coupe la tête à Hénoch et à Élie ....

241

Fausseté contre la Justice .

201

20 II séduit les rois, le clergé et le peuple . .

241

Le char de la Luxure .

201

30 Faux miracles .

,41 V-

Planche.

Folio du

Planche.

Folio du

manuscrit.

manuscrit.

LXIII.

Suite de l’histoire future de l’Antéchrist. La

IIP'1.

La Sainte-Trinité (dessin réduit) .

8

persécution: a) un fidèle est jeté dans la

(Supplément.)

8

fournaise ; b) un autre décapité ; c) un

Séparation des ténèbres et de la lumière (id.)

8

autre déchiré par des crocs de fer; d) un

40 Microcosmos (id.) .

16

autre frappé de verges; e) un autre

Formation du corps d’Adam (id.) .

17

assommé ; /) un autre aveuglé ; g) un

Spiraculum vitae (id.) .

17

autre lapidé ; h) un autre dévoré par un

VHP».

Adam et Eve se cachent devant le Seigneur

dragon ; i) le dernier mordu par un serpent

242

17

20 L’Arbre de vie dans le Paradis .

19

LIVRAISON IX.

30 Moïse devant le buisson ardent .

36

LXIV.

Fin de l’histoire de l’Antéchrist:

Il est frappé par saint Michel .

20 Les fidèles séduits font pénitence et les Juifs se convertissent .

242

242 V0

XIV**.

Moïse priant pendant la bataille contre les

Amalécites .

20 Ensevelissement de Moïse (dessin réduit). . 30 Le Léviathan pris à l’hameçon (id.) .

40

54

84

LXV.

30 La Synagogue se fait baptiser .

La Cour céleste .

243 v

244 Ru

LIVRAISON XI et dernière.

LXVI.

Les Justes dans le ciel, trois rangées .

244 V"

XXI**.

Vision du prophète Zacharie, le grand chan-

LXVII.

Les fidèles se rendant au jugement dernier

247

délier d’or .

64v»

20 Conflagration universelle .

247 V"

XXI'".

Vision du prophète Zacharie, deuxième partie:

247

65

LXVIII.

Saints ermites, abbés, évêques, papes et

XXV'"-.

L’Annonciation .

84 V0

martyrs allant au jugement .

2JlR»

20 Le voyage à Bethléhem .

84

20 Saintes veuves, abbesses et vierges allant au

XXVII**.*

Naissance du Sauveur .

92

jugement, et résurrection des morts . . .

251

20 Fuite en Égypte .

98

30 Les bêtes féroces rendent les membres des

XXVIII**.

Jésus à l’âge de douze ans dans le temple

hommes qu’elles ont dévorés .

251

au milieu des docteurs .

98

LXIX.

Grande scène du Jugement: Trois Apôtres, Anges et la sainte Vierge .

251

251 231

XXIX'".

20 Baptême de N. S .

Scènes diverses se rapportant à saint Jean-Baptiste : Joannes csl nornen ejus.

20 Saint Jean conférant le baptême dans le désert.

100

30 Disciples. Prophètes. Adam .

LXX.

Le Christ juge. De son trône part le fleuve

30 Saint Jean rencontrant N. S.

de feu pour tourmenter les damnés. Saint

40 Saint Jean baptisant N. S.

Jean-Baptiste. Trois Apôtres et Anges .

253 R“

XXIX î“°'".

Saint Jean devant Hérode et Hérodias.

20 Deux Séraphins et les trois derniers Apôtres.

253 R"

20 Saint Jean en prison.

30 La Croix. Éve. Faux prophètes . . .

253 R"

30 Danse de la fille d’Hérodias.

LXXI.

Pseudo-apôtres, pape, évêques, etc. allant au

XXXIII**.

Parabole du Semeur (dessin réduit) .

108

jugement .

253

20 Mort du mauvais Riche et du pauvre Lazare.

123 V"

186 203

30 Les damnés poussés en enfer par les Anges

253V°

LP*.

Lxxn.

La joie des Élus .

261

20 Conversion de saint Paul (dessin réduit) . .

189

20 Le diable enchaîné (feuillet mal intercalé dans la grande scène du Jugement) . . .

^ LIP*.

204 209

252

20 Salomon et la Reine de Saba assis sur un trône

LXXIII.

La Grande miniature de l’Enfer .

255

30 Les Tonneaux du cellier de l’Église ....

225

LV**.

Salomon et la roue de la Fortune (dessin réduit).

215 R-

LIVRAISON X.

225 22s R" 244 V

3

LXXIV.

La Prostituée de Babylone .

La chute de la Prostituée .

La femme de l’Apocalypse .

Les Justes dans le sein d’Abraham .

258

30 Les renards prés de la Vigne (dessin réduit).

LXXV.

LXXVI.

25 S 261 263

I.

Dieu Créateur entouré d’ Anges, et Lucifer dans

LXXVII.

LXXVIII.

LXXIX.

Tables chronologiques, spécimens de notation

musicale et d’écriture .

Le duc Eticho fonde le monastère de Hohenburg

319 322

* Cette planche, par erreur, a été marquée XXVII** au heu de XXVII'", mais comme elle porte encore le mot supplément, elle se distingue de la première XXVII**, livraison V.

LXXX.

Portraits des Religieuses de Hohenburg au temps des abbesses Relindis et Herrad .

323 R"

** Cette planche doit remplacer la toute première planche de l’ouvrage, laquelle n’était pas complète.

Nous ne donnons pas de table spéciale pour le texte, car l’explication des planches ayant été publiée dans le même ordre que les planches elles-mêmes, sera facile à trouver. Nous ferons seulement observer qu’il y a pour le texte trois paginations diverses. La première, composée de 5g pages, donne l’explication des planches 1 à LXXX, en y comprenant la planche XI** et XXX**. La deuxième ne se compose que de 6 pages marquées d’un astérisque* et renferme l’explication des planches bis, 1er etquater du premier supplément, c’est-à-dire de la livr. V et du commencement de la livr. VI, plus celle de la planche XI'" qui avait paru au commencement de la livr. IV, mais dont l’explication avait été omise par M. Straub. Enfin la troisième pagination de 7 pages comprend l’explication des planches du second supplément, calques de Berlin. Nous conseillons de placer les feuilles du texte dans l’ordre que nous venons d’indiquer.

HORTUS DELICIARUM

Deuxième Table.

INDICATION DE TOUTES LES MINIATURES DU HORTUS DELICIARUM D'APRÈS L'ORDRE DU MANUSCRIT. LORSQU’IL N'EXISTE PAS DE CALQUE CONNU DE LA MINIATURE CELA EST EXPRIMÉ PAR LE MOT „MANQUE“.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

Folio du

manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

;

Création des Anges. Lucifer dans sa gloire .

I (la nouvelle).

29

31

Péché de Chant .

Miniature des neuf Muses .

X, 1.

XI, 1.

3

Révolte de Lucifer. Sa chute.

IL

32 R"

Miniatures des sept Arts libéraux

XI».

8 Rn

III, 1 et III» 1.

IV, 1 et îpK 2.

32 V

34 R"

manque.

manque.

20 Création de l’air et de l’eau .

L’ange parlant à Abraham . . .

8

Création du soleil, de la lune et des étoiles; et division de

20 Abraham allant délivrer Lotit . 30 Siège de la ville de Dan. . . .

manque.

XI'"-, 2.

la lumière et des ténèbres. . .

III, 2 et III», 3.

40 Abraham délivrant Lotit ....

XI?"»', 2.

20 Création des animaux .

IV, 2.

50 Abraham victorieux. Melchi-

io

La sphère céleste .

V, 1.

sédech venant au-devant de lui

XI?'""", 1.

io

De quatuor complexibus uwndi. . .

XXIX, 2.

34

Abrahant donnant la dîme à

h

Le Zodiaque .

V, 2.

Melchisédech .

manque.

13 R"

Le Soleil dans son char. . . .

V», 1.

20 Trois Anges apparaissent à

20 Les Vents .

VI, 1.

Abrahant .

manque.

1 6

Microcosmos .

VI, 2 et III», 4.

-y

30 Deux Anges que Loth engage

17 R"

Formation du corps d’Adam .

VII, 1 et III», 5.

à entrer dans sa maison. . . .

XI, 2.

20 Spiraculim vilae. : .

VII, 2 et III», 6.

40 Trois habitants de Sodornc de-

30 Formation d’Ève .

VII, 3.

mandant les étrangers .

manque.

40 Défense de manger du fruit de l’arbre de la science du Bien et

du Mal .

VII, 4.

-

Sodonte en flammes .

Loth seul, quittant Sodome . . 70 Femme de Loth changée en

manque.

manque.

17

Désobéissance d’Adam et d’Ève

VIII, 1.

statue de sel .

manque.

20 Ils reconnaissent leur faute . .

VIII, 2.

36

Sacrifice d’Isaac (fragment) . .

XI?"»', 3.

-

30 Ils se cachent devant le Seigneur

VIII», x.

20 Jacob reçoit la bénédiction d’Isaac

XII, 1.

40 Ils sont chassés du Paradis . .

VIII, 3 et VIII», 1.

30 Esaüe portant un plat de venaison

19

L’arbre de vie dans le Paradis

VIII», 2.

à Isaac .

manque.

20 Un Chérubin garde l’entrée du

3 6

L’échelle de Jacob .

XII, 2.

Paradis .

VIII, 4.

20 Joseph vendu par ses frères. .

XII», 1.

2]

Adam et Ève au travail. . . .

IX, 1.

30 Moïse devant le Buisson ardent

VIII», 3.

20 Sacrifices de Caïn et d’Abel . 30 Abel tué par son frère .

manque.

manque.

38

PharaonrecevantMoïse et Aaron (fragment) .

XIII, 1.

27

L’arche de Noé .

manque.

20 Moïse divisant la mer Rouge .

XII», 2.

29

20 Construction de la tour de Babel Noé coupant une grappe de raisin .

X, 2.

IX, 2.

38 V

Pharaon sur son char arrivant

à la mer Rouge .

20 Cantique des Hébreux après le

V», 2.

20 Noé buvant une coupe de vin

IX, 3.

passage de la mer .

XIII, 2.

XUI

Folio du

manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

40

Les Hébreux ramassant la manne

manque.

63

Les quatre Grands Prophètes, et

20 Moïse priant pendant la bataille

quatre des Petits Prophètes . .

XIX.

contre les Amalécites .

XIV*", 1.

63

Les huit autres Petits Prophètes .

XX.

-

Bataille contre les Amalécites.

XI"'. 3-

64

Jonas rendu par la baleine et ville

Moïse conduisant les Hébreux

de Ninive .

XXL

au mont Sinaï (fragment:

64

Vision du prophète Zacharie,

quelques enfants) .

XV*", 2.

ire partie, chandelier d’or . . .

XXI*".

40

Moïse recevant les tables de la

XIV, 1.

65

Vision du prophète Zacharie,

20 Danse des Israélites autour du

2me partie .

XXI"'-.

veau d’or .

XIV, 2.

Fragment de cette 2me partie, la

45 V"

Le dessin au trait de l’intérieur du

pierre aux sept yeux .

XXV, 1.

Tabernacle .

XV*".

65

Les jeunes gens dans la fournaise

46

Miniature de l’intérieur du Taber-

ardente (fragment: Nabucho-

_jjj.Jp

XV'", 4.

51

Moïse descendant du Sinaï . .

manque.

67

Miniature de l’Ancien et du Nouveau

20 Les Israélites portant l’arche,

Testament réunis .

XXII.

avec la colonne de feu et la

67

Réprobation des anciens sacrifices

nuée .

XV'", 1.

et institution du nouveau . . .

XXIII.

51

So

Grande miniature de 1 arbre généa-

de lèpre .

manque.

logique du Christ .

XXV*".

20 La même guérie .

XVIII, 2.

53

Miniature de la grappe de raisin

Partie supérieure de cette mi-

portée par les explorateurs . .

manque.

niature (fragment) .

XXV, 2.

20 Miniature de la punition de

84

Le Léviathan pris à l’hameçon . .

XXIV.

Dathan et d’Abiron .

manque.

-

Même sujet, copie réduite .

XIV'-", 3.

-

30 de Moïse frappant le rocher

manque.

84

Apparition de l’Ange à Zacharie,

55 V"

Le serpent d’airain .

manque.

père de saint Jean-Baptiste . .

manque.

20 L’âne de Balaam .

manque.

_

20 Zacharie écrivant le nom de

54 R"

Mort de Moïse .

XVI, 1.

Johannes .

XXIX'", 1.

_

XVI, 2.

_

3n L’annonciation (premier calque

Même sujet (dessin réduit) .

XIV*'1, 2.

XXV, 3.

30 Josué à la tête des Israélites

passant le Jourdain .

54

Samson emportant les portes

-

40 Le voyage à Bethléhem ....

XXV'", 2.

manque.

XXVI, 2.

_

20 Samson renversant la maison

Même sujet (beau calque) .

XXVII'-» 1. Suppl.

du chef des Philistins .

manque.

_

20 L’annonce aux bergers .

XXVI, 2.

30 David combattant et tuant

30 Arrivée des Mages chez Hérode

XXIX'*, 2.

59

David accordant le psalterium.

V», 3.

40 Voyage des Mages vers Beth-

20 Élie dans le char de feu et Élisée

manque.

léhem .

XXIX*", 1.

60

Job assis, sa femme debout

92

Adoration des Mages .

XXVII*", 3.

devant lui et les rois ses amis

manque.

Fragment du même sujet: la Vierge

20 Tobie perdant la vue .

manque.

et l’Enfant .

XV'", 5.

30 Judith coupant la tête à Holo-

_

20 Sommeil des Mages .

XXVII*", 1.

pherne .

XVII, 1.

_

30 Départ des Mages pour leur

40 Judith revient à Béthulie. . . .

XVII, 2.

pays .

XXVII*", 2.

60

Esther arrivant devant Assuérus

_

40 La Présentation au temple (frag-

assis sur son trône (détail,

ment: la Vierge avec l’Enfant

XV'", 3.

XV'", 5.

20 Festin d’Assuérus et châtiment

Retour d’Égypte. (Chronologi-

d’Aman .

XVIII, 1.

quement cette miniature qui

30 Esdras remettant un rouleau aux

dans le manuscrit occupait

rois Cyrus, Darius et Artaxerce .

XVIII, 3.

le fol. 97 aurait être

40 Retour de la captivité, sous la

placée après les deux premières

conduite d’Esdras .

manque.

du folio suivant) .

manque.

XIV

Folio du

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

98

Fuite en Égypte .

XXVII»*, 2 Suppl.

Entre 113 et 114 deux feuilles

20 Massacre des Innocents ....

XXXII, 2.

avaient été enlevées avant

Miniature de Jésus dans le

que le manuscrit fut confié à

Temple, au milieu des Docteurs

M. de Bastard. Les onglets qui

de la Loi (fragment: un des

restaient portaient des traces

docteurs) .

XXIX»*, 3.

de peintures. Ces miniatures

~

Beau calque complet de la même

étaientprobablementcellesquise

miniature .

XXVIII»*, 1.

rapportent à saint Jean-Baptiste

98

Saint Jean baptisant dans le

et dont les calques appartenant

désert .

XXVIII, 1.

à M. Grasset peintre à Paris

20 Saint Jean rencontrant et

ont été reproduits .

XXIX'" et XXIX?'""".

montrant Jésus .

XXIX'", 3.

1 16

Multiplication des cinq pains

100

Baptême de Jésus-Christ .

XXVIII, 2.

(fragment) .

XXXVI, 1.

Même miniature, excellent calque

XXVIII»*, 2.

Autre représentation du baptême

s’y enfonçant .

manque.

de N. S .

XXIX'", 4.

100

Première tentation de N. S. ...

101

Deuxième et troisième tentations

manque.

ment) .

XXX?'""", 2.

101

Le Christ servi par les Anges

1 16

Jésus parlant à la foule du haut

après la tentation .

manque.

d’une barque .

manque.

20 Prédication de Jésus -Christ

20 Jésus guérissant un sourd (frag-

(fragment)

XXXII, i.

102

Jésus prêchant dans une syna-

30 Miracle des sept pains .

manque.

gogue .

manque.

118

Jésus guérissant le lunatique. .

manque.

106

Jésus, guérissant des démo-

_

20 Jésus présente un enfant: Nisi

niaques, des boiteux et d’autres

efficiamini sicut parvuli .

XXX?'""", 3.

XXIX»*, 5.

_

30 La Transfiguration (fragment)

XXXII, 2.

106

20 Jésus prêchant sur la montagne

manque.

30 Jésus guérissant un lépreux . .

manque.

118

Jésus guérissant la main des-

106

Jésus guérissant le fils du cen-

séchée .

manque.

turion .

manque.

20 Jésus chassant sept démons de

20 Jésus guérissant la belle-mère

Marie-Madeleine .

manque.

de saint Pierre .

manque.

Jésus guérissant l’hydropique . . .

manque.

30 Jésus guérissant un possédé et

1 19

Parabole des invités au festin

des malades .

manque.

(Luc. XVI, 16), Ier tableau . .

XXXIV, 1.

107

Le figuier stérile maudit .

manque.

_

20 Deuxième tableau (fragment:

107

Jésus expulsé de la synagogue de

alius dixit uxorem duxi) ....

XXX»*, 1.

Nazareth .

manque.

30 Troisième tableau .

manque.

108

Quatrième tableau de la meme

le vignoble .

manque.

XXXIV»*, 2.

108

Parabole du semeur (dessin

réduit) .

XXXIII»*, 1.

120

Parabole de l’ivraie et du bon grain,

20 Parabole du bon Samaritain,

en trois tableaux .

Ier table u

Premier tableau .

manque.

_

30 Même parabole, 2me tableau. .

XXX'", 1.

20 Deuxième tableau .

manque.

ni

Fin de la parabole du bon

30 Troisième tableau (fragment:

Samaritain .

XXX'", 2.

un moissonneur) .

XXXI, 1.

20 Parabole des talents (fragment)

v»*, 4.

120

L’homme qui bâtit sur le rocher,

ni

Le Débiteur insolvable (Mtth. XVIII,

et celui qui bâtit sur le sable

manque.

23—34) .

XXXIV»*, 1.

123

Guérison d’un paralytique . . .

XXXII, 3.

112

Deux hommes couchés dans

20 Guérison de deux possédés . .

XXX?'""" 4.

un lit .

XXIX, 3.

30 Le Repas du mauvais Riche. .

XXXII»*, 1.

20 Deuxfemmesoccupéesâmoudre

XXX, 1.

123

Mort du mauvais Riche et du

112

Deux hommes dans un champ

XXX, 2.

pauvre Lazare .

XXXIII, 1 et XXXIII»*, 2.

20 Jésus pleurant sur Jérusalem. .

manque.

20 Lazare dans le sein d’Abraham,

-

30 Le jeune homme riche refusant

le Riche en enfer .

XXXII»*, 2.

de suivre Jésus .

XXX?""'" 1 .

_

Guérison de dix lépreux. . . .

manque.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

126

Continuation de la miniature des

150

Les soldats jouant aux dés le

dix lépreux (détail: un lépreux)

XXXi"altr, 5.

vêtement de N. S .

manque.

_

Peut-être encore un autre détail:

20 La descente de croix .

manque.

porte d’une ville d’où sort un

30 L’ensevelissement .

XXXIX, 1.

homme portant sur l’épaule un

160

Apparition de Jésus à Marie-

bâton auquel est suspendue une

Madeleine après sa résurrection

manque.

tunique ? .

XXIXWî, 6.

20 Apparition de Jésus à Marie

_

20 La Samaritaine au puits de

Jacobi et M. Salomé .

XXXIX, 2.

Jacob .

XXXII, 2.

30 Marie-Madeleine annonçant aux

_

30 La femme adultère .

manque.

disciples que Jésus est ressuscité

manque.

126

Guérison du fils du prince, Jilius

160

Pierre et Jean au tombeau vide

Reguli (fragment) .

XXX«*, 2.

de Jésus-Christ .

manque.

20 Guérison de l’aveugle ...

manque.

20 Apparition de Jésus à Pierre

_

30 Guérison d’un démoniaque

et à Jacques .

manque.

muet .

XXXW', 3.

30 Les disciples d’Emmaiis ....

manque.

129

Parabole de la vigne en

162

Jésus apparaît à ses disciples

trois tableaux .

manque.

les portes fermées .

manque.

_

manque.

20 Thomas arrive dans la réunion

manque.

_

-

manque.

30 Thomas touchant les plaies de

129

Suite de la même parabole . .

manque.

Jésus .

manque.

_

20 Scène finale, les fermiers mas-

162

Jésus sur le rivage auprès des

sacrent le fils .

XXXI, 4.

pêcheurs .

manque.

_

30 Parabole des noces du fils du

20 SaintPierredanslamer,etpoisson

Roi (Mattb.XXII, 13). Le con-

posé sur les charbons ardents

manque.

vive qui a négligé de prendre

30 Mission des apôtres .

manque.

la robe nuptiale est expulsé. .

XXXIV, 2.

167 R“

Dernier repas de Jésus avec ses

138

L’agonie de N. S., sueur de

disciples .

XL, 1.

sang .

manque.

20 L’ascension de Notre-Seigneur

XL, 2.

_

20 Les disciples endormis au jardin

167

i ° Descente du saint Esprit sur les

des obves .

XXXV, 1.

Apôtres . .

XLI, 1.

_

30 Arrivée des Juifs pour arrêter

20 Les Apôtres parlant aux Juifs

manque.

N. S .

manque.

30 La synagogue baptisée par

138

Jésus-Christ arrêté par les Juifs

XXXV, 2.

saint Pierre .

manque.

_

20 Les disciples en fuite .

manque.

176

Saint Pierre guérissant un boiteux

manque.

_

30 Jésus conduit devant Caïphe .

manque.

176

La Vierge Marie vêtue en religieuse

i4ir»

Jésus conspué et frappé par les

et saint Jean comme gardien

Juifs (fragments) .

XXVI'*, 2 et 3.

des Vierges .

XLI, 2.

_

20 Reniement de saint Pierre

180

SaintPierre convertissantles Juifs

manque.

(fragment) .

XXXVI, 2.

20 Histoire d’Ananie et de Saphire

manque.

_

Même sujet (calque complet) . . .

XXX VP'', 1.

180

ElectionparlesortdesaintMathias

manque.

_

30 Jésus conduit devant Pilate

20 Saint Pierre donnant à saint

(fragment) .

XXXVI'"- 1.

Mathias le signe de la fraternité

manque.

141

Jésus devant Hérode (deux

30 Saint Pierre et Simon le magicien

fragments), XXXVI, 3 et . . .

XXXVI'", 2.

(fragment) .

LIV, ia.

_

20 Jésus interrogé par Pilate (frag-

186

Saint Pierre guérissant Énée. .

manque.

ment) .

XXXVII, 1.

20 Saint Pierre guérissant Thabita

manque.

_

30 Jésus flagellé (fragment: un

30 Saint Pierre guérissant des

bourreau) .

XXXVI'", 3.

malades par son ombre ....

manque.

143 R"

Le couronnement d’épines. . .

manque.

186

Vision de saint Pierre .

XXXIII'*, 3.

20 L’Ecce Homo .

manque.

20 SaintPierre baptisant Corneille

manque.

_

30 Songe de la femme de Pilate;

30 Saul recevant du grand-prêtre

elle envoie un messager à son

des lettres pour Damas ....

manque.

mari .

XXXVII, 2.

189

Conversion de saint Paul (dessin

40 Arrivée du messager chez Pilate

manque.

réduit) .

LIWî, 2.

14; V

Pilate se lave les mains ....

manque.

20 Saul conduit aveugle à Damas

manque.

_

20 Portement de la croix .

manque.

30 Jésus-Christ apparaît au prêtre

150

Grande scène du crucifiement . .

XXXVIII.

Ananie .

manque.

XVI

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

189

Saint Paul guéri par Ananie. .

manque.

203

Crimes causés par l’Avarice . .

L, I.

20 Son baptême .

manque.

20 La Largesse enlève son or à

Sa prédication .

manque.

l’Avarice et la tue .

L, 2.

40 Les disciples hésitant à le re-

30 La Largesse distribue aux pauvres

manque.

199

Saint Paul se présente aux

203

Le Char de l’Avarice .

LI, 1.

Apôtres et est envoyé par Pierre,

Même sujet (calque supérieur). . .

LP», r.

Jacques et Jean pour prêcher

20 Le Blasphème et sa suite . . .

LI, 2.

l’évangile aux Gentils .

XLII, 1.

204

Le char de la Miséricorde. . .

LU, 1.

-

20 Saint Paul baptisant l’hthio-

Même sujet (calque supérieur) . .

LIP» 1.

pienne .

XLII, 2.

20 Le Courage contre le Blasphème

LII, 2.

n

30 L’Église conduite parles Apôtres

204

Salomon dormant entouré des

au Christ qui lui impose une

soixante forts d’Israël .

LUI, 1.

couronne .

XLII, 3.

20 Salomon à table .

LUI, 2.

199

Combat des Vices et des Vertus

209

Salomon Elisant construire le

P

L’Orgueil, Superbia, et sa suite

XLIII, 1.

temple (détail) .

LIV, i,c.

20 Défaite de la Superbe, l’Humilité

20 Salomon remettant la clef du

lui coupe la tête .

XLIII, 2.

temple à un prêtre .

manque.

30 Défaite de l’Idolâtrie. La

30 Voyage de la reine de Saba. .

LIV, 2.

Tristesse lutte contre l’Espé-

209

Salomon et la reine de Saba

rance .

XLIII, 3.

assis sur un même trône . . .

LIP'1, 2,

200

L’Humilité et ses suivantes . .

XLIV, 1.

20 La reine de Saba offrant des

20 L’Idolâtrie contre la Foi et ses

présents à Salomon .

manque.

compagnes .

XLIV, 2.

30 Les Filles de Jérusalem devant

30 L’espérance tue la Tristesse. .

XLIV, 3.

le trône de Salomon .

LIV, 3.

200

La Colère et ses suivantes . .

XLV, 1.

215

Le roi Salomon regardant un

20 L’Envie et ses suivantes ....

XLV, 2.

jeu de marionnettes .

LV, 1.

_

30 La Charité tue l’Envie. La

-

20 La Roue de la Fortune ....

LV, 2.

Gourmandise et sa suite com-

Même sujet (dessin réduit) . . .

LV», 1.

battant la Sobriété .

XLV, 3.

215

L’Échelle des Vertus, grande mi-

201

La Patience contre la Colère,

niature .

LVI.

qui se suicide . .

XLVI, 1.

221

Les Sirènes endormant les na-

20 La Charité et ses compagnes .

XLVI, 2.

vigateurs .

LVII, 1.

_

Gourmandise .

XLVI, 3.

gateurs endormis .

LVII, 2.

221

Ulysse et les Sirènes .

LVIII, 1.

201

La Vaine Gloire contre la Pru-

225

Jésus-Christ introduit l’Église

dence .

XL VII, 1.

dans le Cellier (Cant. 1, 3)

20 Mort de la Vaine Gloire.

(fragment : tonneaux) .

LIP», 3.

Combat de la Fausseté contre

(Autre fragment: Tour) .

LVWî, 2.

la Justice .

XL VII, 2.

225

20 Les renards prés de la vigne

-

30 Le char de la Luxure .

XLVII, 3.

(Cant. 11, 15) .

LVIII, 2.

202

La Prudence opposée à la Vaine

Même sujet, dessin réduit .

LV», 3.

Gloire .

XLVI II, 1.

225

L’édifice de l’Église contenant les

20 La Justice contre la Fausseté,

fidèles .

LIX.

qui est décapitée .

XL VIII, 2.

226

Fonts baptismaux .

manque.

-

30 Les chevaux attelés au char de

20 Isaïe et David .

manque.

la Luxure. Les Vertus sont

238

Jésus-Christ chassant du temple des

près de se rendre . .

XLVII I, 3.

indignes tels que les usuriers,

202

La Tempérance renverse le char

voleurs, etc. (trois détails). . .

LX, 1, 2 et 3.

de la Luxure .

XLIX, 1.

238

Allégorie représentant la con-

20 La V olupté s’enfuit, ses suivantes

version des pécheurs et des

jettent leurs ornements ....

XLIX, 2.

hérétiques, sous la figure d’un

30 L’Avarice les recueille et par-

lépreux .

I.X, 4 et 5.

tage avec ses suivantes le fruit

240

Colombe d’or .

LX, G.

de ses rapines .

XLIX, 3.

241

Le pressoir divin .

1 LXI.

Folio du manuscrit.

241

242

242

244 R" 244

247 V"

251

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Histoire future de l’Antéchrist : Il coupe la tête à Énoch et à

Élie . .

20 II séduit les rois, le clergé et

le peuple .

Ses faux miracles .

Persécution de l’Antéchrist. Sup¬ plices divers infligés aux fidèles,

en trois rangées .

L’Antéchrist est frappé par un

Ange . .

20 Les fidèles d’abord séduits font pénitence, les Juifs se con¬ vertissent .

30 La Synagogue se fait baptiser Ici un folio a été coupé, il portait évidemment à son verso la première moitié de la miniature suivante :

La cour céleste (2me moitié) . Les Justes dans le ciel, en trois

rangées .

Même sujet (bon calque de la

première rangée) .

Commencement des miniatures ayant rapport au Jugement dernier.

Les fidèles laïques se rendant au jugement (ils suivent les saints ecclésiastiques figurés au

folio 251) .... . .

20 Conflagration universelle .... 30 Le ciel nouveau et la terre

nouvelle .

Saints ermites, abbés, le pape et les évêques, les clercs et les martyrs allant au jugement . . 20 Saintes veuves, abb esses et vierges se rendant au jugement; devant elles l’Ange sonne de la trom¬ pette et les morts ressuscitent 30 Lcsbêtes féroces viennent rendre les hommes ou les membres qu’ils ont dévorés .

Planches de la reproduction.

LXII, :

LXII, 2. LXII, 3.

LXIV, 2. LXIV, 3.

LVi,!, 4.

LXVII, 1. LXVII, 2.

LXVII, 3-

LXVIII, 2.

LXVIII, 3.

Folio du manuscrit.

DÉSIGNATION DES MINIATURES.

Planches de la reproduction.

251

Grande scène du Jugement qui s’étend sur le folio 251 et 253 (le demi-feuillet 152 est intercalé). Sur le folio 25 1 :

Trois Apôtres, Anges et la

T. S. Vierge .

LXIX, I.

20 Trois autres Apôtres et Anges

LXIX, 2.

30 Disciples, prophètes et Adam

LXIX, 3.

253

Le Christ Juge; de son trône part le fleuve de feu pour tour¬ menter les damnés; puis trois

Apôtres et Anges .

LXX, 1.

20 Deux Séraphins et les trois

derniers Apôtres .

LXX, 2.

La Croix avec les instruments de la passion, puis Lve, et faux

prophètes .

LXX, 3.

253 V“

Pseudo-apôtres, pape, évêques, allant au jugement pour y être

condamnés .

LXXI, 1.

20 Vierges folles, infidèles et juifs

LXXI, 2.

Damnés poussés en enfer par

les Anges .

LXXI, 3.

252 R"

Le diable enchaîné (feuille intercalée dans la grande scène du Juge-

ment) .

LXXII, 2.

253 R"

La grande miniature de l'Enter. .

LXXIII.

255

Dessins au trait figurant encore une lois le microcosme et deux ani¬ maux symboliques composés

des parties de divers animaux .

manque.

258

La Prostituée de Babylone ....

LXXIV.

2SSV»

Chute de la Prostituée .

LXXV.

261

La joie des élus .

LXXII, 1.

261

La Femme de l’Apocalypse ....

LXXVI.

263

Les Justes dans le sein d’Abraham

LXXVII.

319

Tables chronologiques com¬ mençant à ce folio et continuées sur les deux suivants.

Specimen de ces tables, ainsi que de l’écriture du manuscrit et de la

notation musicale quis’yrencontre

LXXVIII.

322

Le duc Éticho fonde le monastère

de Hohenburg .

LXXIX.

323

Figures en buste des Religieuses de Hohenburg au temps des

Abbesses Relindis et Herrade .

LXXX.

XVIII

HORTUS DELICIARUM.

Troisième Table.

NOMENCLATURE ALPHABÉTIQUE DES SUJETS REPRÉSENTÉS.

(Les chiffres romains désignent les Planches se trouvent les sujets*.)

A.

Animaux.

Leur création, IV.

féroces rendent à la résurrection les hommes ou les

Aaron

coiffé d’une mitre d’évéque, Planche XV'".

membres d’homme qu’ils ont dévorés, LXVIII.

Abbés,

T.IX, LXVIII et LXXI.

immondes (vision de saint Pierre), XXXIII**.

Abbesses,

LIX, LXVIII, LXXIX et LXXX.

Annonciation,

XXV et XXV'".

Abdias.

Le prophète Abdias, XIX.

Antéchrist.

Avènement, persécution et chute, LXII, LXI II et

Abraham

victorieux ramenant avec lui des prisonniers, XP''n'".

LXIV.

délivrant Loth, XI?""'".

_

sur les genoux de Satan en enfer, LXXIII.

prêt à sacrifier Isaac, XI

Apollon

ou le Soleil dans son char, V**.

-

tenant sur ses genoux l’âme de Lazare, XXV IL'1.

Apôtres.

Voir principalement les planches XXV**, XXXIII,

Adam et Ève.

Les Justes dans le sein d’Abraham, LXXVII.

XXXV, XXXVI, XXXVI», XXXVIII, XXXIX,

devant le Seigneur, VIIIWî. Leur expulsion du Paradis, VIII. Leur travail, IX. Leur présence

Arbre

XL, XLI, XLII, LXI, LXIX, LXX, LXXIX. de la vie, chargé de têtes vivantes au lieu de

Aggée.

au Jugement dernier. LXIX et LXX.

Le prophète Aggée, XX.

Arche

fruits, VII et VIII**.

d’alliance, image de l’Église, XV, XXIII, XV** et

Agneau.

Svmbole de l’innocence du Christ, XXII.

_

attelé au char de la Miséricorde, LU et LIIW*.

Arithmétique.

Personnification de l’Arithmétique, XI**.

Le loup changé en Agneau (conversion de saint Paul),

Armure

du XII siècle, voir les planches: XIII, XVI, XXVII,

Air.

LP*.

Création de l’Air, IV et (dessin réduit) IIP*.

XI'", XXXI, XIî"n'", XII**, XV'", XLIII, XLIV, XLV, XLVI, XL VII, XLVIII, XLIX, L, LI,

Aman

à table, au festin d’Assuérus, et son châtiment, XVIII.

LU, LUI, LVI, LVIII, LXIII et XXI**.

Ames

du mauvais Riche et du pauvre Lazare, sous forme

Arts libéraux,

XI**.

de petites figurines humaines: les démons

Ascension

du Sauveur, XL.

s’emparent de la première, deux anges reçoivent

Aspcrsoir

entre les mains de Moïse, XXII.

respectueusement l’autre dans un voile, XXXIII

tenu par Jésus-Christ, LX.

et XXXIIP*.

Assuérus.

Festin d’Assuérus avec Esther, Mardochée et Aman,

Amos.

Le prophète Amos, XIX.

XVIII.

Ane

à la naissance du Christ, XXVI et XX VP*.

Astronomie.

Personnification de l’Astronomie, XI**.

parmi le butin d’Abraham, XP "a,er. Autres miniatures,

Autel

des holocaustes, XV et XXII.

XII».

des parfums, XV.

-

au Crucifiement, comme monture de la Synagogue,

Avarice.

Ses rapines, ses crimes, sa punition, XLIX et L.

XXXVIII.

_

Char de l’Avarice, LI et LI**.

Anges

au voyage à Bethléhem, XXV'", et à la fuite en Égypte, XXVIP*, Suppl.

paraissent dans les planches I, II, VIII, XII, XV,

B.

XVI, XXV, XXVI, XXVIII, XXIX, XXX, XXXIII, XXXIV, XV**, XXV** XXVII**, LVI,

Babel.

Construction de la tour de Babel, X.

LIX, LXI, LXIV, LXV, LXVIII, LXIX, LXX,

Balance,

LX.

LXXI, LXXII, LXXIV, XIV''*, XXI**, XXI'",

Baleine

vomissant Jonas, XXI.

XXV'", XXVII**, XXVIII**, XXIX'"' et XXXIIP*.

Baptême

de Jésus-Christ, XXVIII, XXVII**, Suppl, et XXIX'".

* Les planches sont généralement indiquées dans l’ordre de publication.

XIX

Baptême

conféré par saint Jean-Baptiste dans le désert, XXVIII et XXIX'".

de l’Éthiopienne, XLII, de la Synagogue, LXIV.

Cierges

Bassin

Bélier

Bête

d'airain dans le Tabernacle, XV et XV**. parmi les signes du Zodiaque, V.

Symbole de la domination, XXII.

avec brebis, XXVI et XIî“8'".

à sept têtes de l’Apocalypse, LXXIV, LXXV et

Clet

Colère.

Colombe.

LXXVI.

Bethléhem.

Bethulie.

Blasphème

Bœuf

Boisseau,

Bouc

Bouclier.

Bourreau

Brestelles,

Brigand.

Buisson

Voyage à Bethléhem, XXV1".

Judith revient à Béthulie, XVII. et sa suite (combat des Vices et des Vertus), LI. à la naissance du Christ, XXVI et XXVII*'1, Suppl, à la charrue, XXX. Bœuf parmi le butin d’ Abra¬ ham, XI.

prés du char de l’Avarice, comme symbole de la voracité, LI et LP*, attribut donné à l’Astronomie, XI**. à côté du microcosme, VI. figure de la double nature du Christ, XXII.

V. armure.

tenant une verge, fragment de la passion, XXXVI'"'. s’apprêtant à crucifier Jésus, XXXVIII. de la persécution de l’Antéchrist, LXIII. forme de gâteau déjà usitée au XIIe siècle, XVIII, XXXIV, XXXIV** et LUI.

Le Brigand chassé du temple, LX. ardent, VIIP*.

Colonne

Combat

Compas

Compteur

Conflagration

Coq

Corbeilles

Coupe

Cour

Courage

c.

Couronne,

Calice de la nouvelle Alliance, XXII et XXIII.

Cantique ; des Hébreux après le passage de la mer Rouge,

Carreau

Casque.

Cham.

Chameau,

Chandelier

Chapeau

Char

Charité.

Charrue,

Chérubins

Chevaux,

Chien.

ou tabouret sous les pieds de certains personnages ou devant les lits, I, XI**, XII, XIII, XXVII, XXX**, XXXIII, XXXIV, XXXVI, XXXVII, XXVII**, XXXII**,XXXIV**,V**,XL,XLI, XLII, LUI, LV, LIX, LXV, LXXVII et LXXIX.

V. armure.

Péché de Cham, X.

XII**, LIV.

à sept branches, figure des dons du Saint-Esprit, XV, XV**, XXII et XXI**.

pointu, coiffure des juifs, XVIII (Mardochée), XXV**, XLII, XLIV, LXXI, LXXIII.

du Soleil, V**. Char de Pharaon, V**.

de l’Avarice, LI et LI**.

de la Miséricorde, LU et LIP*.

de la Luxure, XLVII et XLVIII.

La Charité personnifiée, XLV et XL VI.

XXX.

placés sur le propitiatoire XV. Voir aussi Anges.

IV, XI'", XXX**, Xb““'îr, XII**, XXXî'""", V** XLIII, XLVIII, XLIX, LIV et LVI.

Tête de chien, attribut de la Dialectique, XI**.

; au char de l’Avarice, symbole de la T énacité ( Tenacitas lalrans ut canis), LI et LI**.

| léchant les ulcères du pauvre Lazare, XXXII**.

Coussin

Couteau

Croix

Crosse

Cuve

tenus par les disciples de saint Jean-Baptiste, XXVIII et XXIX'".

au baptême de la Synagogue, LXIV. remise par Eticho à sainte Odile en sa qualité de première Abbesse de Iiohenburg, LXXIX.

La Colère personnifiée (combat des Vices et des Vertus), XLV.

Symbole de la candeur, XXII.

Symbole des dons du Saint-Esprit et du Saint-Esprit lui-même, XXV.

portant l’huile sainte dans une ampoule au baptême du Sauveur, XXVIII.

attelée avec un agneau au char de la Miséricorde,

LU et LIP*, d’or, LX. de feu, XV‘".

des Vices et des Vertus comprend les planches XLIII à LII.

attribut de la Géométrie, XI**. en forme de verge recourbée à laquelle sont enfilées des boules, attribut de l’Arithmétique, XI**. universelle, au Jugement dernier, LXVII. au reniement de saint Pierre, XXXVI**. ou paniers, LXI.

ou gobelet, IX, XVIII, XXXII**, LXXIV et LXXV. céleste, LXV.

ou Force, Forliludo, combat des Vertus et des Vices, LU.

XIII, XVIII, XXIII (couronne et mitre), XXIV, XXVII, XI'", XXXI, XXXVI, XV'", XXV**, XXVIP* XXIX**, XXXII**, XXXIV**, V**, XLII, XLIII, XLIV, XLVI, XLVIII, XLIX, L, LII, LIII, LIV, LV, LVIII, LIX, LXII, LXIII, LXIV, XLV, LXVI, LXVII, LXVIII, LXXI, LXXII, LXXIV, LXXV, LXXIX, XXIXî"0'", LIP* et LV**. sur les sièges et sur les lits, I, VII, XII, XIII, XVI, XVII, XVIII, XXVII, XXIX, XXX**, XXXIII, XXXIV, XXXVI, XXXVII, XXVII**, XXXII**, XXXIV**, XLI, XLII, LUI, LIV, LV, LVI, LIX, LXX, LXXVII, III**, XXV'", XXIXî'""", XXXIII**, LIP*, canif, XI**.

de Sacrifice (Sacrifice d’Isaac), XIî""'".

Couteau tenu par la Synagogue, XXXVIII. de table, XXXIV, XXXII**, XXXIV**, XL, LUI, XXIXî'""".

servant de marche-pied au Christ, XXIII. formant un hameçon, XXIV et XXI'". dans le Jourdain, XXVIII et XXVIII**. du crucifiement, XXXVIII.

Petite Croix à longue hampe portée par saint Jean- Baptiste, XXVIII, XXIX'", XXIXî'""". au Jugement dernier, LXX. insigne des évêques et des abbés, LUI, LIX. de vin de Noé, IX.

servant pour le baptême, XLII, LXIV, XXIX'". du Pressoir divin, LXI.

xx

D.

Esdras

remettant un rouleau aux trois rois Cyrus, Darius

et Artaxerce, XVIII.

Damnés.

Les Damnés poussés en enfer par les Anges, LXXI.

Espérance.

Personnification de l’Espérance luttant contre la

en enfer, LXIII.

Tristesse, XLIV.

Dan.

Siège et prise de la ville de Dan, XI'"-.

Esther,

XVIII.

Daniel.

Le prophète Daniel, XIX.

Éticho.

Le Duc Éticho, père de sainte Odile, fonde le monas-

Danse

autour du veau d’or, XIV.

tère de Hohenburg, LXXIX.

d’Hérodiade, XXIX?"0'"'.

Évangélistes.

Symboles des Évangélistes, LIX.

David

combattant Goliath, XVI.

Eve.

Création d’Ève, VIL V. Adam.

accordant le psalterion, V**.

Évêques.

Figures d’évêques, XXV**, LUI, LIX, LXI, LXVIII,

Débiteur.

Le Débiteur insolvable, XXXIV**.

LXXI.

Démons

sous forme d’oiseaux noirs, XI**, XXIXWl, XXX?"n*'.

Ézéchiel.

Le prophète Ézéchiel, XIX.

sous une autre forme hideuse, XVI, XXXIII,

XXXVII, XXX?“«*', LVI, LIX, LXXII, LXXIII, XIV**, XXI**, XXIII**,

F.

Démoniaques.

XXX**, XXIX** XXX?'"’*'.

Fausseté.

Personnification de la Fausseté, XLVII.

Descente

du Saint-Esprit sur les Apôtres, XLI.

Femme

de l’Apocalypse, Symbole de l’Église et de la

Dévidoir

entre les mains de la Vierge, à l’Annonciation,

sainte Vierge, LXXVI. Cette figure est aussi

XXV et XXV'"-.

donnée en frontispice, en chromolithographie,

Diable

enchaîné, LXXII.

comme spécimen du coloris des miniatures

Dialectique.

Personnification de la Dialectique, XI**.

du Horlus deliciarinn.

Dieu

comme Créateur et Seigneur du peuple d’Israël, I,

Filles

de Jérusalem, symbole des âmes fidèles, LIV,

III, IV, VII, VIII, XII, XIV, XV, XVI, XXIV,

LVIII, LIX.

III** VIII** et XIV**.

Flèches

lancées par les démons, LVI, LIX.

Disciples

de saint Jean-Baptiste, leur costume, XXVIII et

Fleuves.

Les quatre fleuves du Paradis, LXXVII et VIII**.

XXIX*'.

de feu, au Jugement dernier, LXX.

Docteurs

de la Loi, XXIX** et XXVIII**.

Foi.

Personnification de la Foi, combattant l’Idolâtrie,

Dragon

au bas de l’échelle des Vertus, LVI.

XLIII et XLIV.

à la persécution de l’Antéchrist, LXIII.

Formes

ou Sièges longs à dossier pour plusieurs personnes,

prés de la Femme de l’Apocalypse, LXXVI.

Fornicateur

XXXIV, XXXIV**, LXIX, LXX, LIP*, chassé du temple, LX.

E.

Fouet.

Sa forme, XII**, V**, LIV.

Fourchettes,

XXXIV, XL.

Eau.

Création de l’eau, IV.

Fournaise.

Fidèle jeté dans une fournaise, LXIII.

Échelle

de Jacob, XII.

Fronde

de David, XVI.

des Vertus, LVI.

Fuite

en Égypte, XXVII**, Suppl.

Écriture.

Spécimen d’écriture du manuscrit, LXXXVIII.

Écuyer

ou Armiger, XIII, XXVII, XXIX**, XXXIV**, LIV.

G.

Édifice

de l’Église, contenant tous les fidèles, LIX.

Église.

Personnification de l’Église, XXXVIII, XLII, LVIII,

Gâteaux

en forme de demi-lune, XVIII, XXXIV, XXXII**,

LV**.

XXXIV**, XL, LIII, XXIX?'"’*'.

Élie

et Henoch mis à mort par l’Antéchrist, LXII.

Généalogie

du Christ figurée : par une ligne à pêcher, XXIV

Encensoir

dans le Tabernacle, XV.

et XIV**.

Encrier

en corne, XI**.

par l’arbre de Jessé, XXV.

Enfant.

Jésus Enfant, XXVI, XXV*', XXVII**, Suppl.,

Géométrie.

Personnification de la Géométrie, XI**.

XV*', XXVII**, XXXVIII**. Enfant proposé par

Gerbe

de blé, image des bonnes œuvres, XXII.

Jésus comme exemple à ses disciples, XXX?""*'.

Gibet,

XVIII.

Ensevelissement

de Notre-Seigneur, XXXIX.

Gobelet,

IX, XVIII, XXXII**, LXXIV, LXXV.

de Moïse, XVI et XIV**.

Goliath

vaincu et tué par David, XVI.

Envie.

Personnification de l’Envie, XLV.

Gourmandise

vaincue et tuée par la Sobriété, XLV et XLVI.

Épée

flamboyante du Chérubin à l’entrée du Paradis,

Grammaire

Personnification de la Grammaire, XI**.

VIII.

_

arme de guerre, XVI, XVII, XXVII, XI*', XXXI,

XXIX**, XXXIV**. Dans le combat des Vertus

ii.

et des Vices, les Vices attaquent avec la lance,

Habacuc.

Le prophète Habacuc, XX.

les Vertus tiennent l’épée, XLIII à LU. Voir

Hache,

XXXV, XI*'.

encore LVI, LIX, LXII, LXIII, LXIV, LI**

Hameçon

formé avec la croix, XXV et XIV**_

et LU**.

Heaume.

V. Armure.

Ermites.

V. Religieux.

Henoch

et Élie mis à mort par l’Antéchrist, LXII.

XXI

Hérode

celui de la naissance du Sauveur, XXVII. celui de la passion, XXXVI, XXIX?'""'7'.

L.

Hérodiade

Danse d’Hérodiade, XXIX?"0'7.

Abbesse de Hohenburg, auteur du Hortus deliciarum.

Lampe

au-dessus du lit de Salomon, LUI.

L XXX.

Lance

VIII, XVI, XI'7, XI?'""7, XV'7, XXXVIII. Dans

Holopherne

Huile

tué par Judith, XVII.

versée dans un vase rempli de farine pure, symbole

le combat des Vices et des Vertus, XLIII à LU; les Vices combattent avec la lance, les

Humilité.

de la charité, XXII.

Personnification de l’Humilité, combattant l’Orgueil,

Vertus avec l’épée, cependant la Largesse perce l’Avarice d’un coup de lance LVIII au

Hure

XLIV.

de sanglier, plat de festin, XXXIV.

Lanterne

Jugement dernier, LXX. du Tabernacle, XV, XV**.

I.

Largesse.

au jardin des Olives, XXXV.

La Largesse personnifiée tue l’Avarice et distribue

Idolâtrie.

L’Idolâtrie personnifiée défaite par la Foi, XLIII.

Lazare.

son or, L.

Le pauvre Lazare, XXXIII, XXXII**, XXXIIP*.

Innocents.

Massacre des Innocents, XXVII.

Léviathan

pris à l’hameçon de la croix, XXV, XIV**.

Instruments

aratoires, IX, XXX, XXXI.

Lévite

passant à cheval près du malheureux blessé, XXXI*''.

de musique; harpe (cithara) XI**, XIII, LVII; lira

marchant devant l’arche d’alliance, en costume de

XPb; flûte des Sirènes, LVII; psalterion, XVI et VWî; tambour, iympanum, XIII; trompettes.

Lépreux,

diacre, XV'7.

XXX?""'7, LX. Réconciliation du lépreux,

XV, XV''7, LXVIII; vielle, organistrum, XI**. de la passion, XXXVIII; dans la vision de Zacharie,

Linceul.

symbole de la réconciliation du pécheur, LX. Corps de Moïse enveloppé dans un linceul, XVI,

Isaac.

XXV et XXI'7; au Jugement dernier, LXX. Sacrifice d’Isaac, XI?""'7.

XIV**.

de Jésus-Christ XXXIX.

Isaïe.

Le prophète Isaïe, XIX.

Lion

attelé au char de l’Avarice, symbole de la cruauté.

j.

Lit

LI et LP*.

XII, XVI, XVII, XXVI, XXIX, XXXVII, XXVIP*,

Jacob

béni par Isaac, XII. L’échelle de Jacob, XII.

Livre

XXX**, LIII, LVI, XXVII**, Suppl, dans la gauche de Dieu, 1. Attribut de la

Jean-

Baptiste, saint Jean le Précurseur, XXVIII, XXIX'7,

Grammaire, XI**.

XXIX?'""'7, lxX, LXXIX.

Loi

de grâce substituée à la Loi de crainte, XXIII.

Jean.

Saint Jean l’Évangéliste, XXXVIII, XXXIX, XL et

Loth

recevant deux Anges, XI. Délivré par Abraham,

Jérémie.

XLI.

Le prophète Jérémie, XIX.

Loup

XJjiiato-.

symbole de la rapacité, LI et LI**.

Jésus-Christ,

XXIII, XXIV, XXV, XXVI, XXVIII, XXXII,

changé en agneau, conversion de saint Paul, LI*,S.

XXXIII, XXXIV, XXXV, XV'7, XXV**,

Lucifer

dans sa gloire, I. Sa révolte et sa chute, II.

XXVII**, XXX?'""7, XXXVI'7, XXXVIII,

changé en Satan (Lucifer ut Salanas), LXXIII.

XXXIX, XL, XLII, LVIII, LX, LXI, LXV,

Lumière

Personnification de la lumière, III.

LXVI, LXVII, LXX, LXXTX, XXI'7, XXVIP*

Lune

Création de la lune, III, IIP*. A la passion du

Joël.

Suppl., XXVIII**, XXIX'7, LP*, LV**.

Le prophète Joël, XIX.

Luxure

Sauveur XXXVIII; Lune nouvelle, LXVII.

Char de la Luxure, XLVII, XLIX.

Jonas.

Joseph

Le prophète Jonas, XX, le même vomi par la baleine, XXL

vendu par ses frères, figure typique du Christ, XIP*.

Mages,

M.

XXVII, XXVII**, XXIX**.

_

Père nourricier de Jésus, XXVI, XXVIP*, XXV'7

Malachias.

Le prophète Malachias, XX.

et XXVIP*, Suppl.

Manne

conservée de l’Arche d’Alliance, XV et XV**.

Josué

combattant contre les Amalécites, XI'7.

Marie.

Sœur de Moïse, XIII.

Jourdain.

Personnification du Jourdain, XXVIII etXXXVIIP*.

Marie.

La très-sainte Vierge, dans l’arbre généalogique,

Judas

trahissant Notre Seigneur, XXXV.

XV'7, XXV**. Annonciation, XXV et XXV'7.

chassé du temple, LX.

XXVI, XXVII**, XXXVIII, XLI, LXIX,

Judith,

Jugement

Justes

XVII.

dernier, LXVII à LXXI.

dans le ciel, LXVI, LXXII LV**.

Marionnettes.

Massacre

Melchisédech

LXXVI, LXXIX, XXVIP*, Suppl.

Jeu de Marionnettes, LV. des Innocents, XXVII.

venant au devant d’Abraham victorieux, XI?"a'7.

-

dans le sein d’Abraham, LXXVII.

Michée.

Le prophète Michée, XX.

Justice.

La Justice personnifiée combattant contre la Fausseté,

Microcosme,

VI et IIP*.

XL VIII.

Miséricorde.

Char de la Miséricorde, LU et LIP*.

XXII

Mitre.

Coiffure des évéques. Voir Évêques. Trois figures

Parabole

du bon Samaritain, XXX*», XXX'".

de grands-prêtres de l’ancienne Loi sont

de l’ivraie et du bon grain (fragment), XXXI.

représentées dans le Horlus deliciarum avec des

du père de famille qui a affermé sa vigne (fragment),

mitres d’évêque: Melchisédech, XI?"0'"; Aaron, XV'- et le grand -prêtre Jésus, au temps

XXXI.

du roi qui fait les noces de son fils, XXXIV.

de Zacharie, XXI'-. Enfin, dans la miniature

du semeur, XXXIII*».

de la pl. XXIII, le Christ, Roi et Prêtre porte

Paradis

avec l’arbre de vie, VIII*».

la mitre d’évêque entourée de la couronne

Porte du Paradis, VIII et VIII*».

royale.

Paralytique

guéri, XXXI; descendu de la toiture, XXXII.

Moines.

V. Religieux.

Passereaux,

symbole de la double nature du Christ, XXII.

Moïse,

XII, XIII, XIV, XVI, XIV*».

Passereaux sacrifice pour la réconciliation d’un

Mort

de Moïse, XVI. Mort du mauvais Riche et du

lépreux, LX.

pauvre Lazare, XXXIII, XXXIII*».

Passion.

Grande scène de la Passion et du crucifiement du

Patience

Sauveur, XXXVIII.

Moulin,

XXX.

opposée à la Colère, combat des Vertus et des Vices, XL VI.

Muses.

Les neuf Muses, XI.

Patriarches

au Jugement dernier, LXIX.

Mythologie.

Réminiscences de la Mythologie : Neptune, IV.

Paul.

Saint Paul, l’apôtre, XLII, LIV, LIX, LXI, LXX.

Apollon dans son char, V*». Le Jourdain,

Perche

d’arpenteur, attribut de la Géométrie XI*».

XXVIII et XXVIII*».

Persécution

de l’Antéchrist, LXIII.

_

Les neuf Muses, XI.

Pharaon

recevant Moïse (fragment), XIII. Pharaon dans

N.

Philosophie.

son char, V*».

Personnification de la Philosophie, XI*».

Pierre.

La pierre avec les sept yeux, XXV et XXI'".

Nabuchodonosor,

XV'-.

Saint Pierre, l’apôtre, XXXV, XXXVI*», XL, XLI,

Nahum.

Le prophète Nahum, XX.

XLII, LIX, LXI, LXIX, LXXIX, XXXIII*».

Naissance

du Sauveur, XXVI et XXVII*», Suppl.

Pilate,

XXXVII. Songe de la femme de Pilate, ibid.

Nappes

couvrant les tables de festin, XVIII, XXXIV,

Platon

figuré aux pieds de la Philosophie, XI*'r.

XXXII*», XXXIV*», XL, L1II, XXIX?'""".

Poètes

inspirés par l’esprit du mal, XI*».

LVII et LVIII.

Poissons

fréquents aux repas, XVIII, XXXIV, XXXII*»,

Nimbe

attribut de la Divinité, des Anges et des Saints. Le nimbe de Jésus-Christ est toujours orné

Porc,

XXXIV*», XL, LIII, LVI. baleine vomissant le prophète Jonas, XXI.

Ninive.

Noé

Ville de Ninive, XXI.

plante la vigne et s’enivre, IX et X.

Porte

LI*».

de Ninive, XXI; d’une salle avec tentures, XXIX; d’une ville XXIX*», LIV.

Notation

musicale, spécimen de notation, LXXVIII.

Possédés.

V. Démoniaques.

0.

Pressoir

Prêtres

divin, LXI.

de l’ancienne loi, XV'", XXIX*», XXX*», XXX'".

Odile.

Ste-Odile, LXXIX.

-

de l'Église, LVI, LIX, LXI, LX1I, LXIV, LXXIV,

Orgueil.

Personnification de l’Orgueil, Superbia, XLIII.

Prophètes,

LXXV.

XIX, XX, LXIX. Faux prophètes, LXX.

Ordonnateur

de festin. Son costume, XVIII.

Propitiatoire,

XV, XV*».

Osée.

Le prophète Osée, XIX.

Prostituée

de Babylone, LXXIV. Sa chute, LXXV.

Ours.

Symbole de la violence (Char de l’Avarice) LI et LI*».

Prudence.

La Prudence, Vertu personnifiée, tue la vaine

Outils

de maçon, X.

Gloire, XL VII, XL VI II.

p.

Psychomachic

Puits

ou combat des Vertus et des Vices, XLIII à LU. de la Samaritaine, XXX.

Pains

Palmiers,

de proposition dans le Tabernacle. Leur forme, XV et XV*».

symbole de la victoire, LXVI, LXXVII et LV*».

Pupitre

à écrire, XI*», XXIX'".

R.

Panier

ou corbeille, LXI.

Raisin

coupé par Noé, IX; raisins versés dans le Pressoir

Papes

portant la tiare, XXV*», LIX, LXI, LXVIII et

divin, LXI.

LXXI.

Réchaud,

XXXVI, XXXVI*».

Parabole

du Seigneur qui invite au festin (fragment), XXX*»,

Reclus.

V. Religieux.

XXXIV*».

Reine

de Saba, en voyage, LIV'; auprès de Salomon, LII*».

XXIII

Reine.

L’Église figurée comme une reine, XXXI, XXXVIII,

Soleil

personnifié, dans un char traîné par quatre chevaux, V"*.

XLII, LVIII, LIX, LV"*.

Sophonias.

Le prophète Sophonias, XX.

Religieux

(terme général comprenant abbés, ermites, moines,

Sources

d’eau, figurant les arts libéraux, XI"*.

reclus).

symbole de la vie éternelle, LXVI, LV"*.

Voir LVI, LIX. LXI, LXVIII, LXXI, LXXIII,

des quatre fleuves du Paradis, LXXVII, VIII"*.

LXXIV, LXXV.

Sourd.

Guérison d’un sourd, XXXII.

Religieuses,

LIX, LXI, LXVIII, LXXIX, LXXX.

Sphère

du monde, V.

-

La Vierge Marie vêtue en religieuse, XLI.

Supplices

infligés par l’Antéchrist, LXIII.

Rélindis,

abbesse de Hohenburg, maîtresse de Herrade qui

Synagogue.

Personnification de la Synagogue montée sur un

Renard

lui a succédé, LXXIX.

attelé au char de l’Avarice, symbole de la ruse,

âne, XXXVIII.

Baptême de la Synagogue, LXIV.

Reniement

Réthorique.

LI, LI"'S. Renards près de la vigne, LVIil et LV"IS. de saint Pierre, XXXVI, XXXVI"*.

Personnification de la Réthorique, XI"*.

T.

Rideaux

ou tentures de lit et de trône, XVII, XXVII, XXXIII, XXXVII, XXXII"*, LUI, XXXIII"*.

Tabernacle

de l’ancienne loi, XV, XV"*.

Robe

nuptiale. Expulsion du convive qui avait négligé de

Tables

chronologiques, LXXVII I.

prendre la robe, XXXIV.

dans l’arche, XV.

Rois.

Figure et costumes de rois, XIII, XVIII, XXVII,

de la Loi, XIV.

XXXI, XXXVI, XV'", XXVII"*, XXIX"*,

de festin, XVIII, XXXIV, XXXII"*, XXXIV"*,

XXXIV"»*, LIII, LIV, LV, LXII, LXIII, LXIV, LXVII, LXXI, LXXIV, LXXV, LXXIX, LIP*

XL, LUI, LVI, XXIXî"'*".

des pains de proposition, XV, XV"*.

LV"*.

Tablettes

de cire pour écrire, XI"*.

Roseau

pour écrire, XI"*.

Tapis

recouvrant le trône. Voir trône et formes.

Roue

de la Fortune, LV, LV"*.

Tambour,

tympanum, XIII.

Rouleau

entre les mains d’Esdras, XVIII; des prophètes,

Taureau

symbole de la force dans la personne du Christ, XXII.

-

XIX, XX.

de Saül (lettre pour Damas, fragment), LIV.

S.

Tempérance.

T énébres.

Tentes.

Tentures.

La Tempérance renverse le char de la Luxure, XLIX. Personnification des ténèbres, III.

Leur forme, XIV, XVII.

Voir Rideaux.

Saba.

Reine de Saba, LIV, LIP*.

Tetramorphe.

Animal tetramorphe, avec les quatre têtes, symbole des Évangélistes, monture de l’Église dans la

Sacrifices

de l’ancienne loi, figures du sacrifice de la croix, XXII.

scène de la passion, XXXVIII.

Salomon

dormant, LUI; à table, LUI; sur son trône, LIV.

Tonneaux

dans le cellier de l’Église, LIP*.

_

regardant un jeu de marionnettes et la roue de la

Torches

au jardin des Olives, XXXV; pour incendier la ville

Fortune, LV, LV"1*; Salomon et la reine de Saba, LIP*.

Tour

de Dan, XI'".

de Babel en construction, X.

Samaritaine.

La Samaritaine au puits de Jacob, XXX.

du cellier de l’Église, LV"*.

Sanglier.

Hure de sanglier, plat de festin, XXXIV.

Tourtereaux

symbole de la chasteté, XXII.

Sarcophage.

Satan

Le corps de Moïse enseveli dans un sarcophage de marbre, XVI et XIV"*. en enfer, Lucifer ut Salanas, LXXIII.

Transfiguration,

Trident

XXXII.

et fourches entre les mains des Anges, II, XVI, LXXI, LXXV. de Neptune, IV.

Sceptre

insigne des Anges, des Justes dans le ciel et de

du démon, XXXIII, LXXIII, XXI"*.

la royauté, I, XI, XXVI, XXXIV, XXV"*, XL,

Trinité,

III, III"*.

XLV, XL VI, LXIX, LXX, LXXII, XXV'", LIP*.

Tristesse.

La Tristesse personnifiée vaincue par l’Espérance,

Sein

d’Abraham, XXXII"*, LXXVII.

XLIII, XLIV.

Siège

et prise de Dan, XI'".

Trompettes

dans le Tabernacle, XV et XV"*.

Sièges.

Voyez Formes et Trône. Siège rustique de Noé, IX.

au transport de l’arche d’ Alliance dans le désert, XV'".

Simon

Sirènes,

le magicien, avec une tonsure en bandeau, LIV. LVII, LVIII.

au Jugement dernier, LXVIII. (L’éclat du son de la trompette est exprimé par une flamme qui en sort.)

Sobriété.

La Sobriété personnifiée (combat des Vertus et des

Trône,

I, III, VII, XI"*, XVIII, XXVII, XXXVI, XXXII"*,

Socrate

Vices), XLVI.

figuré aux pieds de la Philosophie, XI"*.

XXXIV"*, XL, XLI, XLII, LIV, LV, LXV, LXIX, LXX, LXXVII, LXXIX, XXV'", XXIXî'""", LIP*.

Vertus

et Vices, leur combat ou Psychomachie, XLIII

D.

à LU.

Villes.

Représentation de villes, Dan, XI'". Ninive XXL

Ulysse

usant de ruse contre les Sirènes, LVIII.

Béthulie, XXII.

Ustensils

pour le sacrifice, vases de toutes formes, etc., XV,

de saint Pierre, XXXIII».

xv».

du prophète Zacharie, XXI» et XXI'".

V.

Voile

du Tabernacle, XV; du Temple, XXII, déchiré à

la mort du Christ, XXXVIII.

Vaine Gloire.

Personnifiée vaincue par la Prudence, XL VII.

V olupté.

La Volupté personnifiée s’enfuit avec ses com-

Vair.

Espèce de fourrure, employée comme doublure

pagnes après le renversement du char de la

du lit d’Holopherne, XVII, et aussi d’un grand nombre de vêtements, principalement des chlamydes ou manteaux royaux.

Voyage

Luxure, XLIX.

à Bethléhem, XXV'".

Vases

et burettes du Tabernacle, de diverses formes,

de la reine de Sa b a, LIV.

XV, XV».

Vautour,

symbole de la passion d’acquérir (char de l’Avarice),

Y.— z.

LI et LP*.

Veau

du sacrifice, image de la vertu expiatoire du Christ, XXII.

Yeux.

Zacharie.

Pierre aux sept Yeux, XXV, XXI'".

Le prophète Zacharie, XX.

d’or, danse des Israélites autour du Veau d or, XIV.

Vents

figurés par un cercle, leurs noms, VI.

Vision de Zacharie, XXI», XXI'" et XXV (frag-

Verge,

attribut de la Grammaire, XI».

ment).

d’Aaron, dans le Tabernacle, XV, XV».

père de saint Jean-Baptiste, écrivant le nom du

du bourreau de la flagellation du Christ, XXXVI'".

Précurseur, XXIX'".

-

dans la persécution de l’Antéchrist, LXIII.

Zodiaque.

Signes du Zodiaque, V.

HORTUS DI, MCI MU NI

-PeU de manuscrits anciens ont acquis une célébrité mieux méritée que le Iîortus deliciarum, dans lequel une abbesse alsacienne, Herrade de Landsperg, déposa la somme des connaissances de son temps, et qu’elle dédia aux religieuses de Hohenburg comme un témoignage de maternelle sollicitude. Vaste compilation, dont le fond était le récit biblique depuis la création du monde jusqu’au règne final du Christ, ce livre n’était pas seulement une mosaïque admirablement composée de citations tirées des saintes Écritures, des pères de l’Église, des historiens sacrés et profanes, des écrivains polygraphes, des théologiens mystiques, mais encore une des conceptions les plus élevées du symbolisme chrétien, arrivé vers cette époque à sa plus belle floraison, et traduit dans le «jardin des délices» par une nombreuse série de miniatures, qui en faisaient une véritable galerie de tableaux du douzième siècle.

Les travaux de nos devanciers nous permettent d’être bref à l’endroit du texte. Il y a plus de soixante ans, M. Maurice Engelhardt a publié sur l’œuvre de Ilerradc de Landsperg un ouvrage estimé, auquel nous aurons à faire plus d’un renvoi, et qui dans l’état actuel des choses est devenu notre principal guide, pour le classement des dessins1. On y trouve imprimé in extenso le recueil des poésies latines, qui étaient éparses entre les récits et qui assurent à Herrade un rang honorable parmi les poètes du temps. Les « Lettres sur les archives départementales du Bas-Rhin» renferment sur la même matière deux chapitres, dus à la plume élégante de M. L. Spach, notre président honoraire*. Nous y renvoyons le lecteur. Après l' analyse si complète du Hortus cleliciarum, tracée par ces deux savants, nous risquerions trop de tomber dans les redites. A l’histoiré du manuscrit, qu’ils esquissent, nous n’avons qu’à ajouter un chapitre, lamentable sous tous les rapports, celui de sa perte. Le legs de la docte abbesse, qui a échappé à tous les désastres de l’abbaye de Hohenburg, que les évêques de Strasbourg ont recueilli comme un joyau du plus grand prix, et qu’ils ont fait conserver avec mystère pendant plus d’un siècle dans la chartreuse de Molsheim, qui de la bibliothèque du district républicain, il entra en 1791, passa entre les mains du chanoine L. Rumpler pour être déposé presqu’ aussitôt dans la bibliothèque publique de notre ville, eut le sort de toutes nos richesses littéraires accumulées sous les voûtes de l’ancien chœur des dominicains. Au milieu de l’incendie, allumé par le bombardement, il devint la proie des flammes dans la désastreuse nuit du 24 au 25 août 1870.

La destruction du manuscrit a été déplorée comme une perte irréparable. Avec l’original périt la seule copie qu’on avait prise du texte, en 1695. Quant aux miniatures, il en reste, outre ce qui a paru dans l’ouvrage d’Engelhardt, un nombre heureusement considérable de calques, mais exécutés la plupart pour un but spécial, sans enluminure et faits pour augmenter les regrets de ceux auxquels il a été donné de feuilleter ce livre admirable. Que sont en effet des reproductions pâles, en traits plus ou moins assurés, en comparaison de miniatures brillant de l’éclat des couleurs, rehaussées d'or et dessinées d’une main dont la fermeté nous a toujours remplis d’étonnement? Ces calques toutefois donnent une idée de l’œuvre, et sont d’autant plus précieux que le choix des dessinateurs a porté sur les miniatures les plus importantes, restées inédites. Aussi la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace en a-t-elle décidé la publication, dans l’assemblée générale du (i mars 18733. L’appel : colligite fragmenta quœ supersunt! n’a pas été entendu partout, et cependant nous n’avons pas réuni moins de cent trente miniatures ou fragments de miniatures, presque tous inédits, qui sont reproduits dans ce volume, grandeur d’exécution, d’après les procédés héliographiques de M. Kræmer. Le comité de la Société archéologique d’Alsace a admis en principe que les miniatures déjà éditées par M. Engelhardt ne figureront pas dans cette publication. Cependant le texte en fera mention dans l’exposé des sujets, pour en donner la suite aussi complète que possible; il indiquera également les couleurs pour quelques rares dessins, d’après les notes que nous avons jadis écrites à la bibliothèque, après l’exécution des calques.

Le plus grand nombre de ces derniers appartiennent à l’Œuvre Notre-Dame; ils sont dessinés à la plume. Une collection importante d’esquisses inachevées se trouve déposée à la bibliothèque publique de la ville ; elle est due au crayon de M. Engelhardt. Vingt-trois calques, exécutés en r 858 et 18 5q, nous appartiennent et nous rappellent les années

x. Hcr r ad von Landsperg, Aebtissin çu Hohenburg, oder Si. Odilien, im Elsass, im ■gwBlften JahrhundeH; und ihr Weth: Hortus deliciarum. Ein Beitrag yir Gesçhichte der Wissenscha flen, Literatur , Knnst, Kleidung, Wajjcn tmd Sitten des Mitlelalters. In-8°. Mit 12 Kupfertafeln in-folio. Stuttgart und Tübingen 1818.

2. Lettres sur les archives départementales du Bas-Rhin, p. 165 et suivi Édition in-8°. Strasbourg 1862.

Parmi les auteurs qui se sont occupés de ce sujet, nous devons citer encore :

Le Noble. Notice sur le Hortus deliciarum, in-S°. Paris s. d.

Waagen. Kunstwerke und Künstler in Deutschland, II.

Ch. Gérard. Les Artistes de l'Alsace, 1. 1, p. 42 et suiv., in-8°. Colmar 1872. Bartholdi. Curiosités d’Alsace, I, p. 3 1 1.

Aug. de Bastard. Peintures et ornements des manuscrits, classés dans un ordre chronologique, pour servir à l’histoire des arts du dessin depuis le quatrième siècle de l’ére chrétienne jusqu’à la fin du seizième. Paris 1835 et années suiv., in-fol. max. fig. col.

F. Piper. Dos Matiyrologiim und der computus der Herrad von Landsperg, in-S°. Berlin 1862.

3. V. Bulletin, T. IX, Pr.-V., p. 19. L’entreprise n’était pas facile et a éprouver des retards dont nous nous consolons volontiers aujourd’hui. Voir pour les divers incidents et questions relatives au Hortus deliciarum: T. IX, Pr.-V., p. 26, 31, 62,86, 97; T. X, Pr.-V., p. 9, 54, 126, 129, 132, 136, 139. Pr.-V. de janvier et février 1879.

heureuses, nous passions prescpie tous les jeudis de l’année scolaire quelques heures à la bibliothèque publique, stimulé par les encouragements que M. le professeur Jung, de regrettée mémoire, savait si bien donner à tous les jeunes travail¬ leurs. Les calques des deux dernières collections ont été exécutés à la mine de plomb. Les personnes qui savent combien on risque de dénaturer un dessin de cette espèce, en se permettant ce qu’on serait tenté de considérer comme une correction, nous pardonneront volontiers de les avoir laissés tels quels, sans même chercher à renforcer les traits, quand le calque les donnait très-faibles. Quelques sujets, comme le péché de Cham de la planche X, seront rendus d’une manière moins satis¬ faisante pour l’œil, ils n’en ont pas moins de valeur pour l’étude. Nous en dirons autant des inscriptions qui accompagnent nos dessins, dont le crayon rend mal les caractères, et auxquelles le paléographe pourrait trouver à redire. Dans l’exposé iconographique que nous avions en vue de publier un jour, ces légendes devaient être supprimées; elles ne furent marquées que pour notre usage personnel.

En ajoutant la somme de ces calques aux reproductions données dans l’ouvrage de M. Engelhardt, nous arrivons au chiffre d’environ 160; c’est celui des deux tiers de tout l’ouvrage, qui doit en avoir renfermé de 24° à 25o. Il faut espérer que leur nombre augmentera encore. Chaque communication, faite dans l’intérêt de cette œuvre patriotique, sera accueillie avec reconnaissance. Le manuscrit comptait 324 feuillets en parchemin, dont 255 hautes d’environ 5o centimètres, sur une largeur de 36 à 37 centimètres, les autres de format moindre. Primitivement sans reliure et couvert seulement d’un feuillet en parchemin, qui ne porte d’écriture que sur le verso, il fut relié et rogné au seizième siècle, comme l’indique la couverture en peau de truie gaufrée, qui fut plus tard garnie d’une housse en velours cramoisie. Les fermoirs avaient disparu depuis longtemps.

L’ouvrage, qui était le fruit de plusieurs années de travail, appartenait à la seconde moitié du douzième siècle. On pré¬ sume qu’il a été commencé vers 1175. Le texte en deux colonnes était en écriture minuscule très-lisible. Aucune des grandes lettres commençant les chapitres et tracées en encre rouge, n’était historiée, ni seulement dessinée en rinceaux de feuillages comme on peut le voir fréquemment dans les manuscrits de cette époque. L’ornementation en était rare et sans prétention. Le titre, inscrit sur le folio Ib et reproduit par Engelhardt (PI. X), peut en donner une idée.

Dans le cours des explications qui vont suivre, du moins pour les planches qui en réclament, nous communiquerons quelques extraits ou citations inédites du Hortus deliciarum ; autant que cela est possible, il sera également fait mention des miniatures qui nous manquent et dont nous ne connaissons plus que le sujet.

PLANCHE I. CRÉATION DES ANGES. LUCIFER DANS SA GLOIRE.

Herrade de Landsperg a suivi l’opinion de plusieurs commentateurs de la Bible, d’après lesquels la création des anges a devancé l’existence du monde matériel. Le dessin qui accompagne son texte représente le moment Dieu prononce les paroles : Que la lumière, c’est-à-dire, comme l’interprète immédiatement la docte abbesse, que la nature des anges soit, et la lumière fut « Fiat lux. id est angelica natur/z et facta est lux»'. Dieu parle et déjà les anges existent; ils lèvent respectueusement les mains vers lui et adorent «la majesté incompréhensible1 2» qui leur a donné la vie.

Cette miniature, que nous empruntons à la collection des calques exécutés autrefois pour l’Œuvre Notre-Dame, ne reproduit malheureusement que la figure centrale dessinée au surplus par une main moins habile que celles qui furent chargées des autres calques. C’était une des plus remarquables de tout l’ouvrage. Nous cherchons à en compléter la des¬ cription d’après nos notes prises en i858.3

Dieu est assis sur un siège soutenu par d’élégantes colonnettes romanes et faisant office de trône. Le nimbe d’or qui entoure la face du Créateur, est timbré d’une croix rouge, détail qui caractérise habituellement les représentations de la Divinité, mais que le Hortus deliciarum ne montre qu’une fois dans les scènes de la création. L’acte de la parole est figuré par le geste de la main droite, appelé geste de la bénédiction. Notre miniature représente cette bénédiction à la manière grecque4 et fournit ainsi dès le début la preuve de l’influence que l’art byzantin a exercée sur l’artiste. Le vêtement de cette figure vraiment majestueuse se compose d’une double tunique carmin-clair et d’un manteau d’azur, aux plis serrés et nombreux, jetés avec beaucoup de goût. Un large galon d’or orne la manche au poignet; une bande sem¬ blable, lisérée de rouge, est cousue à la hauteur de l’épaule; le même ornement relève deux fois la partie antérieure de la tunique de dessus, dans le sens vertical. Comme partout dans les miniatures que nous aurons à décrire, Dieu a les pieds nus.

Les anges, qu’on apercevait sur l’original, aux deux côtés du trône, avaient également les pieds nus. Ils portaient les

1. Herrade ajoute comme seconde explication de cette parole biblique : Fiat lux, id est, confirmcUir angélus, et facta est lux, id est, confirmatus est angélus.

2. On lisait à la droite du Créateur les mots : incomprebensibilis maj estas ; de l’autre côté : mob ilium motus sum presens undique totus.

3. Nous possédions un calque complet de cette miniature et de la suivante, exécuté

avec le plus grand soin. Lors du concours ouvert pour les peintures de l’ancienne église de Rosheim, nous cédâmes aux instantes prières d’un ami qui s’intéressait à un

jeune artiste et nous en demanda communication en sa faveur. Le calque fut perdu.

4. Le calque ne rend que d’une manière imparfaite le geste de la bénédiction grecque, qui était très-nettement exprimé sur l’original. Le pouce est posé en croix sur l’annulaire pour former le X (xç'.cttoc), l’index levé et le troisième doigt légère¬ ment recourbé donnent les deux lettres I C, par lesquelles les Grecs expriment en abréviation le nom de Jésus Ctyffouç). A côté de la main bénissante on lisait: bac mundum dextra complectitur intus et extra.

cheveux séparés à la nazaréenne, retenus par un délicat diadème orné d’une pierre précieuse au milieu du Iront. Quel¬ ques-uns seulement étaient nimbés. Tous avaient la tunique rehaussée de l’ornement byzantin que nous avons observé sur l’épaule et sur le devant de la tunique du Créateur. La légende qui suit et qu’on lisait au-dessus de la représentation des anges, nous' fait savoir que nous avons sous les yeux les neuf chœurs des esprits célestes.

archangeli principatus

Plebs angelica plialanx et archangelica principans turma

virtutes 8. cœlestis potestates dominationes

virtusque uranica ac potestas almifoma dominantia numina

throni

divinaque subsellia Chérubin etherea ac Séraphin ignicoma

Les mots archangeli, principatus, etc., sont des explications écrites en petits caractères par Herrade au-dessus de déno¬ minations moins usuelles. On voit que l’abbesse, en écrivant pour ses religieuses, tenait avant tout à être bien comprise, sans toutefois se résigner au sacrifice de la forme poétique.

La moitié inférieure de la même feuille représente Lucifer dans sa gloire. Ce sujet est annoncé par la légende :

Lucifer signaculum similitudinis Dei plenus sapientia et perfectus décoré in deliciis paradisi dei fuit mferior deo.

L’ange est figuré dans tout l’éclat de la jeunesse et de la beauté. Plus grand que les anges au milieu desquels il se dresse et qu’il couvre de ses ailes déployées, il tient de la droite un sceptre terminé en fleur, et soutient de la gauche le signaculum dei que l’art grec donne fréquemment aux messagers divins. Ses cheveux bouclés sont partagés au milieu du front par un ornement d’une grande richesse, composé d’une pierre rouge, encadrée de quatre perles, bien différente de la petite pierre rouge qu’on remarque sur le front des anges subalternes de cette composition. H est vêtu d’une double tunique d’azur, ornée en bas d’une large bordure élégamment brodée de rinceaux.

Le vêtement de cette figure est surprenant de richesse et rappelle les costumes des hauts dignitaires de l’Orient. Les bords de la tunique, la ceinture dont l’extrémité est portée en écharpe sur le bras gauche, les brodequins même sont couverts d’or, de pierres précieuses et de perles, et servent à relever le contraste que forment les anges d’un ordre inférieur, dont le seul ornement, les bandes verticales de la tunique, ne consistent qu’en un galon de couleur blanche. Les vêtements de Lucifer, dit Herrade, ruisselaient de pierres précieuses de toute espèce et éclipsaient par leur éclat la beauté de tous les chœurs des anges, auxquels Dieu l’avait préposé. Omnis lapis preciosus operimentum fuit primi angeli : Sardonius, topazius et jaspis crisolitus onix et berillus Saphirus carbunculus et Smaragdus quia cunctis agminibus angelorum prelatus . ex eorum comparatione clarior fuit 1

Les anges ont reconnu cette supériorité. Deux déroulent un long phylactère qui sur le manuscrit portait l’inscription : Tu cherub extensus et protegens et posui te in monte sancto dei.

PLANCHE II. RÉVOLTE DE LUCIFER. SA CHUTE.

La prévarication du chef des anges, qui, ébloui par l’orgueil, trame un complot contre le Créateur et parvient à ralber quelques anges à son parti, est annoncée au haut de la miniature par les mots:

Lucifer consilio suo malo superbe intendit et deum creatorem ojfendit et consilium suum placuit quibusdam angelis. Le phylactère devant l’ange rebelle porte les audacieuses paroles :

In celum conscendam super astra celi exaltabo solium meum sedebo in monte testamenti in lateribus aquilonum, ascendam super altitudinem nubium. Ces mots : Je monterai au ciel, etc., selon l’explication d’Herrade dans une note écrite au bas de la scène, à côté de Lucifer, doivent être traduits : Je veux devenir l’égal de Dieu.

Dans la seconde miniature, Michel et ses anges vengent la majesté du souverain Maître en livrant un combat au «dracon» et à son parti. Le dracon et ses anges sont vaincus et précipités du ciel.

Michahel et angeli ejus cum dracone prœliantur et draco et angeli ejus pugnantes vincuntur et victi de celo proiciuntur .

Les anges fidèles, parmi lesquels Michel se distingue par un nimbe d’or, sont ai'més de tridents ; ils ont enfourché trois rebelles, accompagnés de deux autres révoltés, et les «précipitent, les uns en enfer, les autres dans ces régions obscures de l’air dans lesquelles ils sont bannis comme dans une prison jusqu’au jour du jugement». L’artiste a donné des traits gri¬ maçants et un teint verdâtre aux prévaricateurs dont la transformation en monstres infernaux s’opère déjà. On remarquera que Lucifer, qui dans la miniature précédente a déposé ses insignes pour se rapprocher de ses inférieurs et les gagner plus facilement par une feinte condescendance, porte au moment de sa dégradation toutes les marques de distinction qu’il avait au ciel. Le nimbe seul a disparu. Comme sur presque toutes les miniatures du livre, Herrade a ajouté des remarques pour l’instruction de ses religieuses, au risque de répéter plusieurs fois la même pensée ou de reproduire une de ces spéculations oiseuses, qui avaient occupé avant elle plus d’un grave théologien. C’est ainsi qu’elle note au-dessus des

[. Cette explication se trouvait

la miniature du côté droit de Lucifer.

anges rebelles du côté droit : Tercia pars angelorum fertur corruisse. L’observation écrite au-dessous de ces mots paraît n’être pas achevée.

Les feuillets 4 à 8 du texte original étaient entièrement remplis de dissertations sur les divers noms donnés à Dieu, sur l’œuvre de la création et sur le mystère de la Trinité.

PLANCHE III. LA TRINITÉ TIENT CONSEIL. CRÉATION DES CORPS LUMINEUX.

«Après la chute de l’ange, la sainte Trinité, dit Herrade, tient conseil au sujet de la création de l’homme.» La miniature consacrée à ce fait est une représentation souvent citée dans les ouvrages d’iconographie. Elle a été reproduite plus ou moins fidèlement à petite échelle, notamment dans l’Histoire de Dieu par Didron, qui a cru voir des stigmates sur les pieds de la figure centrale et les a fait dessiner sous forme de croix dans sa réduction.

Les trois personnes divines , d’une ressemblance de figure parfaite , au nimbe d or sans croix , sont assises sur un siégé unique garni d’une marche qui ne touche pas le sol. Les deux pei’sonnes extremes tiennent les bouts d une banderole, renfermant les mots bibliques : «Faisons l’homme à notre image etc.» Faciamus hommem ad imagniem et similituduiem nostram et præsit cunctis animantibus terrce.

La ressemblance de traits doit indiquer l’unité de substance dans la trinite des personnes, comme le dit la note inscrite à droite : Trinus et unus dominus. Trinus in personis unus in substancia. hoc una faciès tnurn personarum demonstrat.

Nous avons toujours considéré comme une addition postérieure ou comme une distraction de 1 artiste les traits presqu imper¬ ceptibles marqués sur les pieds de la personne divine centrale, dont Didron et ceux qui l’ont copié, auraient voulu faire le Christ. Aussi ne les avons-nous pas admis sur notre calque, suivant en cela lavis d hommes bien compétents, tels que MM. Petit-Gérard , peintre-verrier de la cathédrale, et le baron de Schauenburg, qui avaient fait une étude approfondie du Jlortus deliciarum'.

Une belle miniature est consacrée à la création des corps lumineux. «Le seigneur Créateur de l’univers dit: Que les corps lumineux soient au firmament et amènent la division du jour et des nuits. » Ce moment de la cosmogonie est représente sur la miniature. Dieu a parlé. Déjà le soleil et la lune, ainsi que plusieurs étoiles, paraissent dans le firmament figuré par un segment de sphère. Le soleil est barbu et teint de couleur rouge. Quelques-uns de ses rayons tombent sur l’image d’un jeune éphèbe sans vêtements, qui personnifie la lumière et elève de chaque main un vase a trois flammes vives. De son côté la lune projette des rayons sur une figure verdâtre, «les ténèbres», qui retient des deux mains un voile gonfle par le vent et flottant au-dessus de sa tête.

PLANCHE IV. CRÉATION DE L’AIR ET DE L’EAU. CRÉATION DES ANIMAUX.

La scène de la première miniature est double et Dieu paraît dans deux attitudes différentes. Dans la première, la droite du Créateur est levée vers l’air personnifié par une figure humaine , enfourchant un griffon lancé au galop dans l’espace. L’air, entouré des quatre vents, représentés par autant de têtes émergeant des nuages, avec souffle rendu visible, lance d’un réser¬ voir qu’il tient dans la droite, la grêle, la neige et la pluie : aer cum quatuor ventis et grando nix pluvia in manu ejus.

Dans la seconde scène Dieu baisse la main vers l’eau, figurée par Pluton, armé du trident. Le personnage mythologique, qu’Herrade avait vu dans d’anciennes représentations, mais dans lequel elle parait ne plus reconnaître la divinité païenne, est accroupi dans l’onde qui lui passe jusqu’à la ceinture. 11 tient un poisson dans la main droite; la gauche est armée du trident, ce qui, d’après l’abbesse de Hohenburg, signifie que l’eau est fluide, propre aux bains et au lavage : aqua est lavïlis. nabilis. labilis et ideo jingitur tridentem habere.

Un peu au-dessus de cette singulière explication, on ht: «Tous les fleuves et les mers déversent leurs eaux dans le grand Océan, qui est le réceptacle général d’où ils tirent continuellement leur eau. » Cuncta fiumina et maria magno mari immer guntur . Quibus omnibus ex magno mari principium est. Un géographe moderne, connaissant les lois de l’évaporation, n’aurait pas mieux dit.

i. Voici comment s’exprime Didron: «Où est le Père, est le Fils, est l’Esprit dans cette trinité anthropomorphique?. . . . Le miniaturiste semble avoir pris à tâche de dérouter l’antiquaire et le théologien; il a tracé sur les pieds de la per¬ sonne divine des stigmates qui sont à peine visibles dans la miniature originale. M. Durand, mon dessinateur, ne les avait pas remarqués d’abord ; j’ai appeler son attention sur ce point microscopique et lui faire corriger son dessin. Ces stigmates ne

peuvent convenir qu’au Christ; cependant il faut considérer que les mains n’en portent aucune trace, et que, sur les pieds, ils affectent une forme assez singulière, celle d’une croix, que les clous n’ont pu produire. Néanmoins cette forme est sans doute symbolique, et nous devons croire que la personne du centre est Jésus-Christ.» Histoire de Dieu, p. 564.

Le verset 20 du Ier livre de la Genèse sert de titre à la deuxième miniature, qui représente la création des animaux : Dieu, portant le costume traditionnel que nous avons observé dans les scènes précédentes, pose le pied gauche sur la mer et prononce le fuit. Les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les reptiles sont figurés par vingt-huit individus, tous tournés vers le Créateur qui vient de leur donner l’existence. Parmi eux se trouvent un dragon ailé, un griffon et une espèce de licorne. Les insectes et les animalcules, qu’il était trop difficile de figurer par le dessin, ne sont pas oubliés par Herrade. A la suite des inscriptions marquées sur la planche, et qu’il semble inutile de reproduire ici, on lisait encore du côté gauche :

Ex sententiis Pétri Lombard/' : De aquis pisces et aves ereavit deus V olatilia levait s in aéra et natatilia remittens gurgiti V enenosa et perniciosa animanlia créa la sunt innoxia, et per peccatum facta surit noxia Nichil enim honuni nocuissent si non peccasset Quedam minuta animanlia de c-orruptione lignorum et herbarum et fructuum gignuntur Deus auctor est omnium.

Sous la miniature se développait la légende empruntée à la Bible et appliquée au Créateur : Oves et boues pèccora campi volucres celi pisces maris et omnia due moventur in aquis Subjiciuntur pedibus dotnini.

PLANCHE V. LA SPHÈRE CÉLESTE. LES ZONES ET LES SIGNES DU ZODIAQUE.

Suivant le système de Ptolémée, Herrade place la terre au centre de l’univers, et la suppose immobile. «Toute l’har¬ monie du monde, dit-elle, consiste dans l’immobilité et dans le mouvement. L’immobilité est le propre de la terre, le mouvement est celui des astres1. » Autour du disque de la terre elle fait d’abord graviter la lune, puis Vénus, Mercure, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et les constellations du zodiaque. C’était, à une planète près2 3, l’ordre admis par l’ancienne école, dont les errements sur la disposition et la rotation des corps célestes traversèrent encore plusieurs siècles, jusqu’à ce que Kopernic révélât au monde savant les lois du mécanisme sidéral '.

11 11e nous reste plus rien des explications dont l’abbesse de Hohcnburg accompagne son dessin des zones, qui du reste n’a besoin d’aucun commentaire; disons seulement que l’espèce d’anneau qui cerne la terre, était teint d’azur. La série des signes du zodiaque est ouverte par le capricorne, qui règne encore les premiers jours de l’année. Son corps est terminé en poisson; celui du scorpion, tout d’imagination, a une. forme assez surprenante et semble couvert d’un bouclier fait de main d’homme4. On remarquera que les signes se suivent exactement dans l’ordre astrologique, tandis que celui-ci est plusieurs fois interverti dans le tracé de la sphère céleste.

A la suite de cette miniature le Jfortus deliciarum donnait, fol. i3", le char du soleil traîné par quatre chevaux, publié par Engelhardt (atlas, fol. VI).

Ce troisième emprunt fait à la mythologie païenne parait moins heureusement exécuté que les précédents. Le dieu-soleil, reconnaissable au rayonnement de lumière, rendu sous forme d’étoile à douze pointes, dont neuf sont visibles et débordent le nimbe, est traîné dans un chariot d’azur, presque cubique et reposant sur un seul essieu sans le moindre mécanisme de suspension. L’ornementation du coffre prosaïque dans lequel est assis le soleil, se réduit à une bordure d’or qui en revêt l’ouverture ; elle est chargée de pierreries à l’extérieur et présente vers l’intérieur une série de chevrons brisés. En dépit des noms inscrits au-dessus des chevaux et accompagnés d’explications 5, rien dans leur forme ni dans leur allure ne trahit la fougue et la noblesse d’origine que les récits mythologiques prêtent aux coursiers d’Apollon, et que d’autres miniaturistes, mieux familiarisés avec les représentations antiques, n’avaient pas oubliées*. L’attelage se compose de quatre bêtes de trait, aux membres robustes, au poitrail puissant, tels qu’Herrade a en voir quand à de rares intervalles un coche gravissait lentement la montagne de Hohenburg.

Sur le même feuillet on lisait encore les explications suivantes :

Sol dum igneus sil pro nimio rhotu couver s ationis sue amplius incalescit . Sol sunne dictas quod soins appareat obscuratis suo fulgore cunctis sideribus.

1. Voy. linscription qui se lit au haut de la planche, vers la droite : omnis ornatus mundi in duobus consistit, in situ et motu. Situs est in terra, motus in supernis. D’après une seconde inscription, tracée à gauche , la sphère céleste est quelquefois appelée ciel, d’autres fois firmament ou monde. Au bas de la sphère, l’abbesse explique le mot constellatio par le terme allemand : Gestirne. Semblables explications se ren¬ contrent souvent dans le cours de l’ouvrage.

2. Herrade place l’orbe de Vénus avant celui de Mercure. Sur ce point l’abbesse se rapproche de la théorie de Porphyre, d’Apulée et de quelques Platoniciens, mais elle maintient au quatrième rang le soleil, que ces philosophes plaçaient immédiate¬ ment après la lune.

3. Le disque de la terre était bleu, ainsi que le bord intérieur du cercle de

Vénus, de Mars et de Saturne. La lune et le soleil avaient le cercle bordé de

rouge, Mercure, Jupiter et les constellations du zodiaque se mouvaient dans un cercle teint de vert. Le cercle du soleil était d’or.

A- Le verseau portait une cotte de couleur rouge-brune et des braies chaussées vertes. Celui des gémeaux qui est armé du glaive, avait la cotte carminé et les chausses vertes; le second, la cotte bleue et les chausses rouges. Le bouclier du premier était blanc, celui du second, jaune. La robe de la Vierge, dont une partie des manches seulement est visible, était carminé; son bliau aux longues manches était coloré d’azur.

5. Lampos i ardens philogeus i amans terrant acteon i rubens eritreus i splendens.

6. Cf. Fac-similés of the miniatures and ornements of anglo-saxon and irish raanuscripts, executed by J. O. Westwood. In-folio, London 1868, pl. 48.

PLANCHE VI.

LES VENTS.

LE MICROCOSME.

La Terre avec ses «quatre plages» est figurée par un cercle, entouré d’un anneau rouge. Le titre, vend in quatuor plagis mundi , et les autres mots marqués sur le calque en traits doubles, sont écrits en encre de cette couleur. Trois vents répondent à chaque point cardinal: Fulturnus, Subsolanus et Eurus à l’est, Af ricus , Zéphyr us et Chorus à l’ouest; Circius, Borcas et Aefuilo au nord; Notus, Auster et Euronotus au midi.

Les folios 14 et i5 du manuscrit renfermaient d’abord un traité sur la division du temps. Les noms des douze mois étaient traduits par des mots allemands écrits en petits caractères au-dessus du nom latin. En voici la transcription :

Januarius iarmanot vel. wintermanot, Februarius hornunc , MartiüS merze vel lenzenianot, Aprilis ostermanot vel abrelle, Maius maie, JüNlüS brachmànot, Julius hormanot, AiJGUSTUS œrnimanot, September herbistmanot , October windemanot, NOVEMBER wintermanot, December hertemanot.

L’énumération était terminée par les mots : Omîtes hi merises a numéro et imbribus nomen habent.

Suivaient en autant de chapitres « nomina regionum de inferioribus terrœ Jluvii infernales Herebus Stix Cocitus Flegeton A cher on Achelous Letheus de cultura.»

Le feuillet 16 s’étendait sur le microcosme figuré par notre Planche.

Le microcosme est un sujet fréquemment traité pendant le moyen âge et jusque dans les temps modernes. D’après le témoignage de saint Jérôme', déjà Origène lait entrer cette théorie dans son argumentation contre les adversaires de la résurrection ou ceux qui s’en faisaient une idée fausse V Un grand nombre d auteurs ecclésiastiques, parmi lesquels on doit citer spécialement saint Ambroise, saint Augustin, Isidore de Séville et Honorius d’Autun, lui ont donné d’ingénieux déve¬ loppements'1 2 3. Notre miniature l’expose avec de minutieux détails.

Comme l’expliquent les inscriptions, «l’homme est le monde en petit». Dans l’homme paraissent les quatre éléments.

« L’air lui donne le souffle de la respiration, lui transmet les sons et active son odorat. Le feu communique la chaleur au sang, fait briller l’éclat des yeux et anime les mouvements des membres. L’eau entretient l’humidité du palais et le sens du goût, en même temps qu’il liquéfie le sang. La terre a fourni les chairs et donne au corps la consistance et la pesanteur.» Les sept planètes, dont les noms sont inscrits dans autant de rayons convergeant vers la tête de l’homme, lui font sentir leur influence. «A l’instar de la sphère céleste, cette tête est ronde; comme au firmament, on y voit briller deux luminaires, les yeux; elle a sept ouvertures, répondant aux sept constellations qui forment l’harmonie des cieux.» Il n’est pas jusqu’aux phénomènes de la nature, qui ne retrouvent en petit leur reproduction dans l’homme. «Comme dans l’air on entend souffler le vent et gronder le tonnerre, on entend dans la poitrine de l’homme le souffle de la respiration et le bruit des toussements; comme les fleuves déversent leurs eaux dans le sein de la mer, ainsi les liquides descendent dans l’estomac qui les absorbe. »

Ces rapprochements et d’autres, que contiennent les légendes tracées sur la miniature, étaient répétés sous une autre forme et complétés sur la même feuille par l’extrait suivant d’un traité sur le microcosme, en demandes et en réponses. A la droite de l’image et sous la représentation de l’air on lisait :

In elucidario de microcosmo D Unde constat homo M de spirituali et corporali substancia D Unde corporalis M De quatuor elementis F nde et microcosmus i minor mundus dicitur habet enim ex terra carnem et ossa ex aqua sanguinem ex aere Jlatum ex igné calorem Caput ejus est rotundum in celestis spere modum in quo duo oculi ut duo lumin aria in celo micant quod et septem foramina ut septem. celi armonie ornant Pectus in quo flatus et tussis versantur similat aereni in quo vend et tonitrua concitantur F enter omîtes liquores ut mare omnia flumina recipit Pedes totum corporis pondus ut terra cuncta sustinent ex celesti igné visum ex superiore aere auditum ex inferiore olfactum ex aqua gustum ex terra tactum habet Pardcipium duricie lapidum habet in ossibus Firorem arborum in unguibus decorem graminum in crinibus sertsum cum animalibus hec est substancia corporis D unde spiritualis M ex spirituali igné ut creditur in quo imago et similitudo dei exprimitur D quee imago vel similitudo M Imago in forma accipitur Similitudo in qualilate vel quantitate consideratur.

De l’autre côté, sous la représentation du Feu :

Divinitas consistit in trinitate hujus imaginent tenet anima quee habet memoriam per quant prœterita et futura recolit habet intellectum quo presenda et invisibilia intelligit habet voluntatem qua malum respuit et bonum eligit In Deo consistunt omîtes virtutes hujus sirnilitudinem habet anima quee capax est omnium virtutum et sicut deus non potest comprehendi ab omni creatura cum ipse omnia comprehendat ita anima a nulla creatura visibili potest compre- hendi cum ipsa omnia invisibilia comprehendat Non enim potest ei celum obsistere quin celesda tractet non abyssus quin infernalia cogitet hec est substancia spiritualis.

1. Hieronimi ad Pammachium episcola 38, alias 61.

2. Origenis opéra omnia. Berolini 1831 1848. Tom. XV, 62.

3. V. le renvoi à ces auteurs dans l’ouvrage de F. Piper. Mythologie und Sym- bolik der christlicben Kunst. II. 468 472. Voici en quels termes un savant de la fin du XVII0 siècle parle de l’homme comme microcosme : Homo cœlum est, in cujus capite est Zenith, in pedibus Nadir, in oculis stellæ, in intellectu Sol, in volun- tate Luna, in fronte aurora, in vigiliis Oriens, in somno Occidens, in membris Zonæ, in nervis Poli, in membris cæteris signa Zodiaci, in ligamentis circuli, in ætatum

gradibus climata. In bile ignis, in sanguine aër, in pituita aqua, in melancholia terra : in lachrymis rares et pluviæ, in passionum motibus fulgura et fulmina, in respiratione venti, Aquilones et Zephyri. Homo parvum mare est, cujus venæ sunt flumina, cujus membranæ sunt ripæ, cujus affectus sunt fluctus, cujus circulatio est æstus reciprocus, cujus ossa sunt scopuli, cujus intérims naufragium. Homo parvus annus est, cujus infantia Ver, cujus Æstas adolescentia , cujus Autumnus ætas virilis, cujus Hiems senectus decrepita. Fred. Geiger, in 5 thesi inaug. Herbipolensi. J. Zabn. Spécula physico-matbematico-bistorica sciendorum. In-folio Norimbergæ 1696. tom. II. 2.

PLANCHE VIL création d’adam et dève. défense leur est faite de manger

DU FRUIT DE L’ARBRE DE LA SCIENCE DU BIEN ET DU MAL.

Quatre scènes remplissent la feuille 17 du manuscrit et sont annoncées par autant d’inscriptions tirées de la Vulgate, avec quelques légères variantes.

Les deux premières ont rapport à la création d’Adam. Comme au moment solennel les trois personnes divines délibèrent, Dieu est assis. Un riche coussin, recouvert d’un tapis avec bordure fort élégante, se trouve sur le siège, qui est soutenu par des colonnettes romanes, entièrement ornées d’un fouilli de feuillages gras. Les pieds du Créateur posent sur un escabeau d’or. Le corps d’Adam, formé de terre jaunâtre, est façonné par la main de Dieu, qui donne le dernier poli à la tête. C’est à peine si les doigts divins l’effleurent, tant ils opèrent délicatement1 2. Tout inerte et privé de sentiment, à l’œil terne et sans vie, Adam s’affaisse sous le poids de son corps; il tomberait à terre, si Dieu ne le soutenait d’une main posée sous sa tête.

Dans la scène suivante, son attitude change: c’est le moment le Créateur, qui lui a saisi les deux mains, fait passer dans sa bouche le souffle de vie. Adam se dresse plein de force; son corps, tout à l’heure jaune comme 1’argilc dont il a été formé, a le teint d’un homme d’une santé vigoureuse et se soutient sans secours.

La création d’Ève forme le troisième sujet. Adam, appuyé sur la main gauche, est plongé dans un profond sommeil au pied de l’arbre de la vie, qui porte cinq têtes vivantes au milieu d’un large feuillage11. Dieu parle, et déjà le buste vivant de la première femme surgit de la côte que le Seigneur vient de soustraire au premier homme. La surprise et l’etonnement sont bien marqués dans les traits du visage et heureusement rendus par les gestes d’Eve, dont la virginale figure est encadrée d’une abondante chevelure l’enveloppant jusqu’à mi-corps.

Le dernier dessin montre Dieu qui a saisi la main d’Adam et lui intime défense de manger du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal, sous peine «d’être livré au démon», comme dit l’inscription qui accompagne la miniature. Dans cette scène, comme dans les trois précédentes, Dieu est debout. Conformément aux traditions de l’imagerie du moyen âge, sa taille est sensiblement plus élevée que celle d’Adam et d’Eve, pour marquer sa supériorité sur la créature qui lui doit l’existence et la vie.

PLANCHE VIII. DÉSOBÉISSANCE D’ADAM ET D’ÈVE, QUI RECONNAISSENT LEUR FAUTE.—

LEUR EXPULSION DU PARADIS.— UN CHÉRUBIN EN GARDE L’ENTRÉE.

Les calques de la planche précédente ont déjà fait voir combien l’artiste qui exécuta ces miniatures, connaissait impar¬ faitement la structure et l’harmonie du corps humain. Ce défaut, si c’en est un dans un ouvrage destiné à l’édification de jeunes religieuses, paraît plus encore dans les sujets qui suivent. Du reste, aucun artiste contemporain d’Herrade 11e faisait mieux sous ce rapport. S’il leur arrive quelquefois de bien traiter les parties apparentes du corps, telles que la tête et les autres extrémités habituellement apparentes, ils dénotent presque toujours pour le reste l’ absence des plus élémentaires notions d’anatomie.

La femme a cédé aux suggestions du tentateur et a entraîné Adam en lui répétant les fallacieuses promesses. Déjà trois pommes, dont deux entre les mains d’Ève, ont été acceptées, et le serpent présente la quatrième3; encore un instant et la désobéissance est consommée et le remords, suivi des terreurs que leur cause la menace de Dieu, va se peindre sur les traits d’Adam et d’Ève. C’est le sujet de la seconde miniature. Nos premiers parents y sont figurés dans l’attitude d’une pro¬ fonde tristesse; ils ont reconnu les premières suites de leur péché et cherchent à cacher leur nudité avec des branches arrachées de l’arbre.

Le troisième dessin nous les montre poussés -hors du jardin des délices par le Créateur. L’aspect de l’entrée du paradis, figuré par un édicule de fort modeste apparence, diffère sensiblement de celui qu’offre la miniature suivante, empruntée à la collection des calques de l’Œuvre Notre-Dame. Ici le paradis est clos par un mur garni de créneaux et la porte surmontée d’un fronton à cintre surbaissé. Un ornement formé d’une succession de feuilles grasses couvre le linteau de la porte, dont les deux battants garnis de pentures forgées sont largement ouverts. Le chérubin, muni de six ailes ocellées, dont deux lui couvrent le corps et deux s’élèvent vers le ciel au-dessus de sa tête, porte d’une main le glaive flamboyant, de l’autre une lance, et se tient sous l’entrée pour en défendre le passage. Ce type, emprunté à l’art oriental, mais avec attribution différente*, a disparu depuis le XIIIe siècle dans les productions artistiques de nos régions.

1. Un des groupes de l’œuvre des sept jours, figurée au portail nord de la cathédrale de Chartres, reproduit presque identiquement la création de l’homme, avec la différence qu’Adam a la tête penchée sur les genoux du Créateur.

2. Une représentation analogue se voit sur un fragment de sculpture conservé au musée de Trêves et provenant du tombeau de l’archevêque Henri de Finstingen, f 1286. Il figure l’arbre de la vie et celui de la science du bien et du mal entés sur un même tronc. Le premier porte, comme sur notre miniature, des têtes d’anges vivants, mais endormis, le second autour duquel le serpent tentateur s’est enroulé, est chargé de crânes décomposés par la mort. Cf. Didron, Annales archéologiques, XII, 174.

3. Cf. Les peintures exécutées dans la coupole du chœur des religieuses de Gurk et dans celle de l’ossuaire de Piesweg. Mittheilungen der K. K. Central-Commission

%ur Erforschung und Erhaltung der Baudenkmale. XV, vxt. PI. 6e du volume XVI. 137. PI. V.

4. Le Guide de la peinture, découvert au mont Athos par Didron l’aîné et publié par cet archéologue, veut que le chérubin ne se compose que d’une tête et de deux ailes, tandis qu’il attribue six ailes aux séraphins, mais sans les semer d’yeux. Des anges ainsi représentés sur la précieuse xylothèque émaillée de Limbourg (Nassau), sont appelés s^ouotai, puissances; le semis d’yeux n’y parait que sur les quatre ailes des tétramorphes, nommés ap/jxi, principautés. V. Aus'mJVeerth. Das Siegeslireu ^ des byçantinischcn Kaiser Constanlinus Vil Porphyrogenitus und Romanus II, etc., in-folio, PI. II. Cf. G. Schæfer, Das Handbnch der Malcrei vont Berge Athos. Trier 1855, p. 9 15. V. aussi Ch. Cahier, Caractéristiques des saints, I, 25. II, 794.

PLANCHE IX. ADAM ET ÈVE OCCUPÉS DU TRAVAIL DES MAINS. NOÉ PLANTE

LA VIGNE ; IL S’ENIVRE.

Ces lieux calques, ainsi que le premier de la planche suivante, sont tirés de la collection des dessins d’Engelliardt , appartenant à la bibliothèque de la ville de Strasbourg. En les crayonnant rapidement pour son usage personnel, sans doute dans l’unique but de fixer le sujet d’une manière plus précise dans la mémoire, Engelhardt était loin de supposer qu’il viendrait un temps nous serions heureux de pouvoir les publier, malgré leur hâtive et défectueuse exécution.

Les sujets n’ont guère besoin d’ètre expliqués. Nous ne reproduisons que l’indication des couleurs que le dessinateur a eu soin d’inscrire sur son calque. Une bandelette jaune est roulée autour du chanvre de couleur grisâtre et le retient sur le fuseau d’Eve, qui porte un perizonium rouge pour tout vêtement. La même pièce d’habillement, mais de couleur bleue, est attachée à la ceinture d’Adam, qui ouvre la terre avec une houe. Le patriarche Noé, aux cheveux gris, vient de couper un raisin vermeil d’un grand cep de vigne chargé de fruits. Il porte une robe bleue, recouverte d’un manteau de couleur car- mine, des chausses vertes et des bottines noires. Dans la seconde scène, ses pieds posent sur un escabeau, couvert d’une étoffe rouge. Le vase en forme de petite cuve qu’il tient en main, est rempli de vin rouge jusqu’au bord.

Entre ces deux miniatures le Hortus deliciarum donnait la représentation du sacrifice de Caïn et d’Abel, suivi du premier fratricide; puis une naïve image de l’arche de Noé. A défaut des calques, voici quelques notes que nous avons prises sur l’original, il y a bientôt trente ans.

A côté de la figure d’Abel, offrant à Dieu un agneau (fol. 27), on lisait l’interprétation symbolique : Agnus i Christus qui occisus est ab origine mundi'. Dans la scène du meurtre, Caïn était armé d’un tronçon de branche d’arbre, à côté duquel se trouvait l’explication : Arma nondum fuerant in usum (sic) ideo Caïn Abel fratrem suum ligno mortificavit. Au feuillet 28 le chapitre de Noé commençait par la citation suivante : Rupertus de Noe Christum prœjigurat Noe tain actu quant nomine videlicet quia Noe interpretatur requies Requies autem nostra vera est ipse qui dicit Tollite jugum meum super vos et discite a me quia mitis sum et humilis corde et invenietis requiem animabus vestris *, etc.

PLANCHE X. PÉCHÉ DE CHAM. CONSTRUCTION DE LA TOUR DE BABEL.

Les mêmes couleurs distinguent le costume de Noé que sur la planche précédente. Sem aux cheveux blonds et Japhet aux cheveux châtains portent l’un et l’autre une tunique d’un rouge clair avec des manches justes, ornées au-dessus du coude et au poignet par une large bande blanche brodée d’un dessin roman. Le manteau qu’ils jettent sur leur père endormi, est de couleur bleue. La tunique de Japhet est encore distinguée par un large galon brodé à l’encolure. Sem et Cham ont des chausses vertes. Le vêtement de ce dernier, qui a une chevelure noire, est le plus riche de tous. Une courte tunique vert clair, relevée par une ceinture cachée sous le pli du vêtement, porte une large bande brodée non-seulement à l’encolure, au poignet et autour du bras comme Japhet, mais encore sur le devant de la tunique, dont la partie inférieure est d’une étoffe écarlate. Si les deux premières figures manquent d’expression, l’artiste avait su donner à celle de Cham un cachet de malice et de réprobation que le calque ne rend pas, mais que nos souvenirs nous retracent vivement.

L’inscription suivante accompagnait le dessin de la tour de Babel'1 2 *, en voie de construction : Septuaginta duo gigantes contra deum edificare volentes variis linguis ceperunt loqui et ideo per universum mundum sunt dispersi. Cette miniature fournit une page intéressante à l’histoire du costume de la classe ouvrière. Deux de ses figures font voir comment l’ouvrier, pour être moins gêné dans le travail, relevait dans la ceinture les pans de la cotte et ceux de la chemise qui tombait sur les braies chaussées4. Les couleurs des vêtements sont vives et variées. Les deux figures extrêmes ont la cotte d’un rouge clair, la deuxième et la quatrième portent une cotte verte. Dans la troisième et la cinquième, ce vêtement est de couleur carminé; la sixième enfin, qui a l’épaule chargée de briques, a une robe blanche. Pour les chausses, la couleur verte pré¬ domine et ne paraît pas moins de quatre fois. Un seul ouvrier, celui qui apporte l’augée de mortier, a des braies jaunes;

celui qui est chargé de briques, les a écarlates; enfin chez le dernier à droite, elles sont blanches. Le grand bloc de

pierre, taillé par deux ouvriers, est marqué de veines rougeâtres comme du marbre.

L’énoncé de la Bible, relatif à la confusion des langues qui arrêta l’œuvre entreprise par les «soixante-douze géants», fournit à Herrade l’occasion d’établir un de ces rapprochements ingénieux dont les anciens exégètes nous fournissent de nombreux exemples. Au folio 3oa, elle fait un parallèle entre l’œuvre des apôtres comme architectes de l’Eglise (I. Corinth,

1. La même pensée est exprimée sur une plaque de cuivre, gravée et niellée, presque contemporaine du Hortus deliciarum et faisant partie de l’ancienne collec¬ tion de M. Debruge-Duménil. Au-dessus d’Abel, ponant dans ses bras l’agneau du sacrifice, l’artiste a gravé les mots :

HÆC DATA PER JUSTUM NOTAT IN CRUCE VICTIMA CHRISTUM. V. J. Labarte, Description des objets d'art qui composent la collection Debruge- Duménil. Paris 1847, p. 642. Didron a publié la plaque entière dans les Annales archéologiques, vol. VIII.

2. L’auteur cité par Herrade expose son sujet avec de longs développements,

dont il suffira d’extraire ce qui suit : Quæ autem est requies vel consolatio, qua

consolatur nos iste verus Noe silicet Fiüus Dei, nisi peccatorum remissio, quam in baptismo suo nobis tribuit, secundum similitudinem illius, qui per fidem suam

in illo diluvio paucas animas secum reservavit? Ulud namque diluvium baptis- matis figurant fuisse Petrus quoque apostolus testatur etc. In Gènes. 1. IV, c. XVII ( Ruperti abbatis monasterii S. Heriberti tuitiensis Opéra. Moguntiie i6jt, in-folio. Vol. I, 58).

Prima emissio columbæ ipsa est remissio peccatorum, quam verus Noe, id est requies nostra Christus, post resurrectionem suam confestim emisit, insufflans et dicens : accipite spiritum sanctum, quorum peccata remiseritis, remittentur eis, et quorum retinueritis retenta sunt etc. In Genes. 1. IV, c. XXIII (Vol. 2, p. 69).

3. Dans le manuscrit les mots turris babel étaient tracés sur les deux pierres du milieu de la troisième assise achevée, en descendant.

4. Cf. Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier. III, 285.

III, io) et l’entreprise des constructeurs de la tour de Babel. «Ici, l’orgueil et la présomption rêvent un monstrueux édifice, qui devient la source de la confusion et de la dispersion générale; là, c’est Dieu qui veut réunir le genre humain séparé; la multiplicité des langues qu’il accorde aux envoyés de son Fils, doit réunir ceux que la tour de confusion avait rendus étran¬ gers les uns aux autres. Par leurs soins un édifice s’élèvera, qui, sans folie, pourra prétendre à monter jusqu’au ciel; et au lieu de braver le Seigneur, il sera la réconciliation du monde avec son maître.» Tel est le résumé donne, parles auteurs des Vitraux de Bourges, d’un discours prêté par Abdias à saint Matthieu, parlant avec l’eunuque de la reine de Candace, et transcrit par eux du Hortus deliciarum, Herrade l’avait admis sans mention d’auteur. Ayant pris à tâche de réunir tout ce qui reste de ce précieux livre, nous nous permettons de publier ici le discours en question, d’autant plus que l’important travail sur les Vitraux de Bourges se trouve entre les mains de bien peu de personnes.

Sermo Matthæi apostoli AD Candacem eunuchum, de turri Babel. « Totus miindus unam sermocincitionem omnium hominum habuisse cognoscitur ; sed. nata est prcesumtio generi humano talis quœ eos turrim tantœ magnitudmis facer.e hortaretur ut cacumen ejus per venir et ad cœlum; et liane prœsumptionem molientium D eus hoc ordine pressit (sic, alibi, repressit), ut nullus ullum posset sibi loquentem advertere Facta sunt autem plurima linguarum généra, et divisa est ilia conspiratio quœ per unam linguœ intelligentiam consistebat.

« Bona quidem voluntas ut feret turris cujus cacumen perveniret ad cœlum, sed mala prœsumptio quœ non sanctis meritis ire volebat ad cœlum V eniens autem Filius Dei omnipotentis, ostendere volens quo ordine perveniamus ad. cœlum, nobis duodecim discipulis suis misit Spiritum sanctum de cœlo : qui, curii sederemus in uno loco, venit super unumquemque nostrum, ; et injlammati sumus sicut ferrum injlammatur ab igné Post hœc, cum nobis pavor simul et splendor absces- sisset, cœpimus variis linguis loqui gentibus magnolia nativitatis Christi : quo ordine sit notas. Deus qui originem non liabet ; qualiter sit natus cum homme ex intacta virgine; et lactatus et ablactatus ; et enutriliis et eruditus ; et tentatus et passus, et mortuus et sepultus; et die tertia resurrexit, et in cœlos ascendil, et in dextera Dei pair is omnipotentis sedet, venturus ut judicet omne sœculum per ignem.

« JYunc ergo œdijicatur turris : non de lapidibus, sed de virtutibiis Christi Omnibus enini qui baptizantur in nomine Patris et F'ilii et Spiritus sancli, aperitur turris qtiam Christus exstruxit ; et per ipsam tamdiu ascendunt œdijicantes, usque quo ad regnum cœlorum attingant'. »

Un long chapitre est consacré à la dispersion des peuples, dont les croyances s’obscurcissent et qui finissent par tomber dans l’idolâtrie. Puis Herrade s’occupe des inventions de toute nature, des arts libéraux, principalement de la musique. Une miniature est consacrée aux neuf Muses -, dont le calque suivant, conservé à l’Œuvre Notre-Dame, figure les bustes dans autant de médaillons de forme antique.

PLANCHE XI. LES MUSES. loth introduit les anges dans sa demeure.

Bien ne rappelle dans ces images les grâces de la jeunesse dont l'antiquité a fait l’apanage des Muses, comme aucun attribut distinctif ne les accompagne, si nous exceptons Uranie, qui s’appuie sur un globe. Aussi bien les neuf sœurs ne sont plus seulement considérées par Herrade comme inspiratrices des poètes, comme présidant à la musique et aux évolutions de la danse mondaine; la pieuse abbesse en fait les graves représentants des diverses facultés de l’intelligence et du déve¬ loppement graduel de la science humaine. Les noms mêmes des Muses, dont elle donne l’étymologie d’une manière plus ou moins forcée, ou dont elle rappelle au besoin une attribution, servent de base à l’exposé de son ingénieux système.

Clio, la renommée, répond au premier degré par lequel s’élève l’intelligence de l’homme. Il consiste à vouloir acquérir la science. Euterpe, la muse qui charme et réjouit le cœur, communique un vif désir d’atteindre cette science. Melpomène, aux pensées graves et sérieuses, nourrit l’étude par la méditation. Thalie, c’est-à-dire cette vertu puissante qui fait germer les fleurs et prépare le fruit, nous apprend à comprendre ce que nous méditons et à en faire notre profit. Polymnie, la muse de la mémoire, nous fait retenû ce que nous avons saisi par l’étude. Erato, qui préside aux fêtes mimiques, exerce l’intelligence à trouver les rapprochements et les similitudes entre les objets distincts. Terpsicore, qui fait les délices de l’homme en l’instruisant, apprend à juger sainement ce que l’esprit a trouvé. Uranie, la muse céleste, nous porte à fixer notre choix sur ce qui est bon et irréprochable sous tous les rapports. Enfin Calliope, à la voix mélodieuse, représente le dernier échelon de la perfection de nos facultés. Son nom rappelle qu’il faut savoir exposer sous une forme agréable les vérités qu’on se propose de développer.

Telle est, si nous avons bien saisi le sens des inscriptions qui accompagnent les figures et cpie nous transcrivons ci-après, la théorie présentée par l’abbesse Herrade à ses chères élèves sur les attributions des Muses, qui ne pénétreront dans le sanctuaire que pour instruire, et ne sont admises dans l’intimité des jeunes religieuses qu’après avoir déposé au seuil de la porte tout attirail des séductions de la forme et des joies fallacieuses du monde.

Les Muses sont figurées dans un costume sévère importé de Byzance. Elles ont la tête couverte d’un ample voile qui cache entièrement le buste de Clio, d’Euterpe et de Melpomène, et se perd chez les autres muses sous les plis d’un manteau garni de riches orfrois et retenu sur la poitrine par un fermait ciselé. Sous ce voile il en parait un second , ou plutôt la

i. A. Martin et Ch. Cahier. Monographie de la cathédrale de Bourges. Gr. chez ses auteurs une connaissance approfondie de cette précieuse compilation.

in-folio. 152. Cet ouvrage renferme d’autres extraits du Hortus deliciarum, et dénote Nous en ferons notre profit en indiquant chaque emprunt.

9

coiffe qui emprisonne les tresses de cheveux ramenées et croisées sur le front, de manière à former un bourrelet qui encadre le visage. Ce bourrelet est maintenu par des cordons ou par des bandelettes de couleur, appliquées de distance en distance *.

Inscriptions placées au-dessus des bustes :

clio, id est, fama euterpe, id est, bene délectons melpomene, id est, meditatio Talya, id est, capacitas nobis ponens germina Polimnia, multam memoriam faciens eratho, similitudinem afferens tersicore, délectons instructione vrania, id est, celestis calliope, optime vocis

Le

des arts libé: quelques incorr

pu confronter et utiliser pour ce travail.

Inscriptions correspondantes placées à côté des médaillons :

Exposicio Primum est celle doctrinaux

Secundum desiderare quod velis

tertium instar e meditando

Quarlum est capere quod meditaris

Quintum memoria retinere quod ceperis

Sextum simile invenire

Septimum dijudicare de eo quod. inveneris

Octavum bonum eligere

nonum quod, elegerts. bene proferre

entourée PI. VIII) avec nous avons

Le feuillet suivant était consacré tout entier à l’une des représentations les plus originales de la philosophie, iux «qui en découlent comme autant de fontaines». 11 a été publié par Engelhardt (Allas, ections qui ne paraissent plus dans notre reproduction, grâce à plusieurs calques partiels que

PLANCHE XIBIS. LA PHILOSOPHIE ET LES ARTS LIBÉRAUX.

En voyant cette belle composition, on dirait avoir sous les yeux le programme tracé au peintre verrier pour une de ces roses percées dans les façades de nos vieilles cathédrales au XIIe siècle®, comme la roue de la fortune à Bâle, dont l’ossa¬ ture a une ressemblance frappante avec le cadre de notre sujet.

Au centre, la Philosophie trône comme une reine, le front ceint d’une couronne d’or d’où surgissent trois têtes humaines, désignées par les mots ctica, logica, phisica. Socrate et Platon sont assis à ses pieds et notent attentivement ses leçons.

Sur un long phylactère, dont le milieu est retenu sur sa poitrine, nous lisons que «toute sagesse vient de Dieu. Les sages

seuls peuvent faire ce qu’ils désirent1 2 3 *. » Sept sources d’eau vive jaillissent du sein de la Philosophie : ce sont les arts libéraux «dont l’Esprit saint est l’inventeur'», et dont les images rayonnent autour de la noble dame sous autant d’arcades cintrées, séparées l’une de l’autre par des colonnettes romanes, au chapiteau orné de feuillage ou de mascarons grimaçants. Ces arts restent à ses ordres dans la direction suprême qu’elle exerce sur le trivium et le quadrivium des études profanes, comme l’exprime la légende inscrite dans la circonférence qui encadre la Philosophie :

+ arte regens omnia quœ sunt ego philosophia subjectas artes in septem divido partes.

Au sommet nous voyons la Grammaire, la tête couverte d’un voile blanc, sous lequel parait la coiffe byzantine décrite tantôt, vêtue comme chacune de ses compagnes d’une tunique à manches justes et d’un bliau qui lui serre étroitement la taille et dont les manches, ouvertes à mi-bras, descendent jusqu’au-dessous des genoux. Elle est armée de la verge, scope, symbole de la rigoureuse discipline qu’il est nécessaire de maintenir dans la classe du petit peuple d’étudiants ; l’autre main tient un livre, dont la couverture est ornée de pierres précieuses. L’inscription suivante est tracée dans le cintre sous

lequel elle se trouve : Per me quivis discit, vox, littera, syllaba quid sit.

Suivent, en allant vers la droite du spectateur :

La Rhétorique, munie d’un stylet et de deux tablettes enduites de cire noire5, pour indiquer le soin qu’elle recommande à l’orateur dans la préparation du discours, dont chaque partie doit subir un examen sévère et au besoin de nombreuses corrections : causarum vires per me, aime rhetor, requires 6.

1. Ces détails de coiffure peuvent être très-bien étudiés sur les mosaïques de Saint-Vital à Ravenne, les dames de la suite de l’impératrice Tkeodora paraissent sans voile. Cf. Hefner, Tracbten und Gcrâthschaften des Mitlclallers. 1879.

PI. 3. H. Weiss, Kosttïmkunde, II., fig. 3 6, 40. Voir aussi les miniatures d’un antiphonaire; de la fin du XI' siècle, appartenant à l’abbaye de Saint-Pierre à Salzbourg. Mittheilungen der K. K. Central-Commission, etc. XIV et un ivoire du XIIe siècle ornant la couverture d’un manuscrit de l’église d’Aix-la-Chapelle.

Didron, Annales archéologiques. XX. PI. I. Fr. Bock. KarVs des Grossen Pfalgkapette und ihre Kunstschàtge, p. 55.

2. C’est la place que le maître d’œuvre de la cathédrale de Laon a assignée aux arts

libéraux, qui figurent encore une seconde fois dans les voussures du portail occi¬

dental. Les personnifications des arts étaient volontiers admises parmi les images de

nos anciennes cathédrales. Nous les trouvons dans un vitrail de l’abside d’Auxerre,

au portail occidental de Chartres, à la porte principale de Notre-Dame de Paris et de Sens, sous le porche de la cathédrale de Fribourg, dans l’ancienne biblio¬ thèque ou librairie de celle du Puy-en-Velay, etc. On les voyait autrefois dans une mosaïque du XIe siècle de la cathédrale d’Ivrée, assises à côté de la Philosophie

habillée en reine. Aus'm Weerlh. Der Mosaïkboden in St. Gereon gu Coin, nebst den damit verwandten Mosaïkbôdcn Italiens. In -fol. Bonn 1873. 21.

3. Ornas sapientia a domino Deo est. Soli quod desiderant facere possunt sapientes.

4. A la droite et à côté du siège de la Philosophie, l’auteur a tracé les mots : Septem fontes sapientia fluunt de philosophia, quœ dicuntur liberales artes. A la gauche on lit: Spiritus sanctus inventor est septem liber alium artium, quœ sunt: Grammalica, Rhetorica, ‘Dialetica, Musica, Arithmetica, Geometria, Astronomia.

5 . L’usage des tablettes de cire n’a jamais entièrement cessé pendant le moyen âge. La bibliothèque de Saint-Gall en possède six avec comptes divers écrits au XIV' siècle; celle de Dresde en contient deux ne remontant qu’à l’année 1426. On en voit deux autres de la même époque au musée Wallraff de Cologne, provenant d’Erfurt. V. Angeiger für Kunde der deutschen Vorgeit. Nette Folge, XII, 101, 275. XX, 78. XXXIII, 279.

6. Dans les peintures du XVIe siècle qui décorent l’ancienne librairie du Puy-en- Velay, la Rhétorique tient une lime. C’est, comme on voit, le précepte latin « sæpe stylum vertas » traduit par le pinceau en langage moderne, bien avant Boileau, dont les vers relatifs à ce passage sont connus de tout le monde.

La Dialectique, en vive discussion comme l’indique le geste de la main droite; elle tient dans la gauche une tête de chien qui aboie, symbole des cris incessants que provoque la dispute et de la vigilance avec laquelle l’argumenta teur suit le raisonnement de l’adversaire : argumenta sino concurrere more canino.

La Musique, jouant d’un instrument de la forme d’une harpe, mais que l’inscription appelle cithara; à côté d’elle se trouve figurée une vielle appelée organistrum et une lira, qu’on nommerait peut-être aujourd’hui rubèbe1 2 : musica sum latc doc- trix artis variate.

L’Arithmétique comptant à l’aide d’une verge recourbée en demi-cercle, à laquelle sont enfdées vingt-deux boules noires : ex numeris consto, quorum discrimina monstro.

La Géométrie, appuyant sur le sol un compas, circulus, et tenant une longue perche d’arpenteur : terræ mensuras per multas dirige curas.

L Astronomie, les yeux levés vers le ciel, dont elle examine les étoiles. Elle tient d’une main une boîte fermée ou d’après le P. Ch. Cahier, un boisseau, «parce qu’on lui associait la Météorologie comme directrice des travaux agricoles» : ex astris nomen traho per quæ discitur omen

Toutes ces représentations sont inscrites dans une grande circonférence, qui porte l’inscription suivante :

+ Hec exercicia que mvndi pMlosophia investigavit investigata notavit scripto jirmavit et alvmnis insinvavit.

\ Septem per studia docet artes philosophia hec elementorum scrvtatvr et abdita rervm.

Pleine d’estime pour les philosophes de l’antiquité païenne, «les sages du monde et les clercs d’autrefois»3, Herrade n’éprouve que de l’horreur pour les poètes et les mages, «inspirés par l’esprit immonde». Aussi les relègue-t-elle hors de cette magnifique rose imagée. Ils sont figurés au bas de la feuille, plongés dans leurs rêveries ou écrivant dans un livre les élucubrations mensongères que l’esprit du mal, sous la forme d’un volatile noir et disgracieux, s’efforce de leur souffler dans l’oreille. Jsti immundis spiritibus inspirati scribunt artem magicam et poetriam, fabulosa commenta. On remarquera la forme du pupitre à écrire ou scriptionale fixe, pouvant servir en même temps de lectrin. Les poètes, ainsi que les philosophes, sont munis du primitif encrier en corne enfoncé dans la tablette du pupitre. Les personnages qui écrivent, tiennent outre le roseau ou, la plume un couteau-canif à manche noir.

A ces sinistres agents de l’esprit du mal, comme les considère Herrade, l’abbesse rattache les diverses espèces d’idolâtrie, qu’elle déroule dans une série de scènes très-animées, au nombre de quatre, si nos souvenirs sont exacts.

Le feuillet 34 contenait l’attaque et la prise de la ville de Dan par Abraham. Ce sujet a été publié par Engelhardt (Atlas, PI. III), mais avec des suppressions et des additions que nous devons signaler. Sur l’original, la coupole, dessinée entière, était flanquée à droite d’une haute tour en feu comme le reste de la ville. A une hauteur assez considérable du sol, cette tour avait une porte ouverte au large et faisant voir les ferrements intérieurs. Dans l’embrasure de la fenêtre du bâtiment central recouvert d’un dôme, on voyait à côté d’une jeune fille en pleurs une seconde femme, dans l’attitude du désespoir. Les quatre pi'emiers guerriers, dont l’un démolit la porte à coups de hache, appartiennent seuls à cette miniature. Les suivants avec leurs gonfanons et étendards sont tirés du cortège qui accompagne l’arche d’alliance figurée sur un dessin ultérieur, comme Engelhardt l’indique lui-même4.

Les voyages d’ Abraham sont suivis de la réception des anges par Loth, figurée sur notre planche XI. Les anges sont représentés sans ailes: ils sont nu-pieds, comme l’exigent les traditions iconographiques, et portent une espèce de sceptre ou bâton de héraut, pour attester leur ministère. On remarquera les bandes d’ornementation qui coupent horizontalement la maison, détails que nous avons déjà observés plus haut et qui paraissent plusieurs fois dans les miniatures du livre comme décoration de façade.

Plus loin deux dessins montraient Loth et sa famille se réfugiant hors de la ville de Sodome. Sur le second, la femme de Loth était changée en une colonne.

PLANCHE XII. JACOB REÇOIT la BÉNÉDICTION D’ISAAC. L’ÉCHELLE mystérieuse.

Deux miniatures ornaient la première page du feuillet 36 : le sacrifice d’ Abraham, dont le calque nous manque, et l’expédient de Jacob demandant la bénédiction réservée à son frère aîné Esaü que nous reproduisons.

1. V. Viollet-le-Duc, o. c. II. 306.

2. Nouveaux Mélanges d'archéologie, d" histoire et de littérature sur le moyen âge, IV, p. 155. Dans son Dictionnaire de l’architecture (II, 2), Viollet-le-Duc y voit un boisseau plein d’eau, «probablement pour observer les astres par réflexion». Sans vouloir relever que le boisseau ne sert que pour des matières sèches, nous ferons observer qu’aucun des exemplaires coloriés d’Engelhardt n’accuse l’eau par une différence de teinte. L’auteur n’aurait pas négligé ce détail, comme le prouve l’esquisse de Noé qui s’enivre. La hâte avec laquelle il a tracé son calque, ne l’a pas empêché d’écrire le mot roth, dans l’ouverture du vase que le patriarche tient en main, pour indiquer la couleur du liquide.

3. Comme les appelle l’inscription tracée à côté du philosophe Platon : «Philo- sophi sapientes mundi et gentium clerici fuerunt».

Indiquons comme d'habitude les couleurs. Cadre: Le tailloir et la plinthe de la base

des colonnes étaient rouges, le fût vert, le chapiteau et la base bruns, ainsi que les arceaux et les cercles. Personnages: La Grammaire, la Musique et la Géométrie portaient un bliau carmin sur une robe blanche; la Rhétorique et l’Arithmétique un 'bliau d’azur sur une robe verte; les deux autres Arts libéraux un bliau vert sur une robe blanche. Les deux petites coiffes qui paraissent sous le voile de l'Astro¬ nomie et de la Grammaire, sont de couleur bleue. La Philosophie est habillée de bleu et drapée dans un manteau pourpre. Socrate porte une robe verte avec manteau carmin ; Platon une robe rouge avec manteau d’azur. Les mages 1 et 3, en partant de gauche, tous deux à cheveux gris, étaient vêtus d’une cotte verte, avec manteau carmin et rouge; 2 portait une robe rouge et un manteau bleu; 4 une cotte carminé avec manteau bleu. Les couleurs des chausses, indiquées dans le même ordre, étaient: d’azur, blanc, rouge et vert.

4. Herrad von Landsperg, p. ni.

L’extrait suivant, tiré d’un ouvrage souvent cité par Herrade, accompagne le premier sujet : IN GEMMA ANBIE Abraham fuit patriarcha hic fguram dei habuit qui filium suum pro nobis ut ille Ysaac obtulit Aries immolatür et Ysaac evadit, et Caro Christi immolatür divinitas vero illœsa existit. Cette interprétation typologique se retrouve dans tous les anciens commentaires de la Bible. Le bélier figure l’humanité du Christ immolée avec les mérites infinis de la divinité, unie en une même personne : la nature humaine a été sacrifiée comme victime, la divinité n’a pas pu être atteinte par la souffrance et la mort.

Dans la scène de la bénédiction nous ferons remarquer la forme du bois de lit, dont les pieds sont faits au tour, l’oreiller aux coins ornés, le vêtement du vieillard, dont les manches justes sont relevées par des brassards en broderie. L’empeigne des souliers en cuir porte une grève blanche qui en prend toute la longueur chez Jacob, mais s’arrête au-dessus du cou-de- pied de sa mère1.

Il reste peu d’observations à faire sur l’échelle de Jacob, rarement figurée pendant le moyen âge, et fort naïvement rendue dans le Ilortus deliciarum. La tête nimbée, qui parait au-dessus du dernier échelon, figure Dieu, comme sur une tapisserie contemporaine suspendue au chœur de l’ancienne cathédrale de Halberstadt.

Suivaient sur le feuillet 37 : Joseph vendu par ses frères et Moïse parlant à Dieu dans le buisson ardent.

PLANCHE XIII. PHARAON. PASSAGE DE LA MER ROUGE.

Le premier dessin n’est pas complet. Il y manque la figure de Moïse en discussion avec le roi d’Egypte pour le déterminer à autoriser le départ du peuple israélite. La forme de la couronne d’or du souverain, qui trône sous une arcade ou plutôt sous un dôme d’un très-bel effet, est caractéristique; elle paraît encore plusieurs fois dans le cours de l’ouvrage. C’est un large cercle serti de pierres précieuses et rehaussé sur le front par un ornement en métal précieux, arrondi sur le haut, débordant le cercle et surmonté d’un fleuron, qui parait encore deux fois sur la couronne. La chlamyde ou le manteau, jeté par-dessus la tunique, est retenu sur l’épaule droite par une riche agrafe, mal rendue par le calque. Le prince a les souliers ornés et très-ouverts. Le jeune écuyer, posté derrière Pharaon et tenant l’épée dans le fourreau, porte une cotte d’étoffe mi-partie violet et vert et barbelée par le bas.

Sous cette figure se trouvait le cortège du peuple d’Israël au moment il vient d’échapper à la captivité en traversant la mer Rouge. Moïse a ouvert la marche. Derrière lui s’avancent sa sœur la prophétesse Marie, plusieurs femmes et des guerriers recouverts de leur armure. Marie, ainsi qu’une de ses suivantes, jouent du tambour tympanum, que Marie frappe à la fois des doigts et d’un instrument en bois recourbé5; une autre femme pince de la harpe. Les guerriers, dont nous trou¬ verons l’armure plus complète dans d’autres dessins, rappellent au premier coup d’œil les grandes figures de saint Victor et de saint Candide de la légion thébéenne faisant partie de nos plus anciens vitraux de la cathédrale, exécutés à l’époque oii Herrade illustrait son livre.

Nous ne possédons plus qu’une figure de la scène des Egyptiens engloutis par la mer Rouge ; il ne reste l’ien de celle des Israélites recueillant la manne dans le désert.

La figure conservée est celle du roi Pharaon en ornements royaux et traîné dans un char attelé de deux chevaux, pareil à celui du dieu-soleil. Le chariot de Pharaon est d’or. Le roi porte une tunique carminé et une chlamyde verte. Son cocher est habillé d’une cotte verte et de chausses vermillon ; le fouet avec lequel il active la marche des deux coursiers, est formé de trois cordes attachées au bout d’un manche de bois et munies d’un nœud. V. Engelhardt, Atlas, PI. VI.

PLANCHE XIV. moïse reçoit les tables de la loi sur le sinaï.— les Israélites

DANSENT AUTOUR DU VEAU D’OR.

Ces deux faits décoraient le verso de la feuille 4°5 et sont ainsi que les deux précédents reproduits d’après les calques autrefois exécutés pour la cathédrale. Comme on le voit, à partir de la feuille 3 1 , les dessins se pressent dans l’ouvrage d’Herrade; nous en avons énuméré une vingtaine et nous ne les connaissons pas tous. Aussi, malgré les digressions dans le domaine de la géographie et autres que la docte abbesse se permet à l’occasion, les sujets étaient-ils plutôt indiqués dans le texte que décrits avec les détails qui abondent ailleui’s.

La partie supérieure de notre planche représente Moïse gravissant le mont Sinaï et recevant de la main de Dieu les tables de la loi: il aies mains voilées par respect pour le divin législateur, dont le buste au nimbe uni est seul visible. Au bas de la montagne, une tente tabernaculum , formée de riches étoffes, indique les campements du peuple israélite.

2. Cf. la traduction en style moderne de ces deux figures, donnée par Viollet- le-Duc dans l’ouvrage cité, II, p. 3x1.

i. Cf. Viollet-le-Duc, o. c. IV, p. 335.

Le groupe des danseurs, qui vont exciter l’indignation de Moïse à son retour de la montagne, ne se compose que de cinq personnes, trois hommes et deux femmes qui se tiennent par la main, sans former cercle autour de l’idole. L’adoration du veau d or était suivie du châtiment sanglant infligé aux idolâtres; il ne reste plus que le souvenir de ce dessin et l’indication conservée dans l’ouvrage d’Engelhardt1 2. Nous trouvons dans les notes prises en 1859 qu’au folio 5 1 , l’artiste a traduit par cinq cornes le rayonnement de la face de Moïse, en prenant au pied de la lettre le passage de la Vulgate qui s’y rapporte*. Cette manière de représenter le législateur avec des cornes au front se rencontre assez fréquemment jusqu’à la fin du moyen âge, quoi¬ qu'elle ait été critiquée dès le XIIIe siècle par saint Thomas d’Aquin3 4.

PLANCHE XV. LE TABERNACLE ET LE MOBILIER DU SACRIFICE.

Un nombre considérable de pages du texte étaient consacrées à la description de l’arche d’alliance, des meubles et ustensiles nécessaires au sacrifice, ainsi que des vêtements et ornements liturgiques de l’ancienne loi. Le tabernacle et le mobilier du sacrifice étaient représentés deux fois, presque d’une manière identique; une fois avec riche enluminure rehaussée d’or la seconde fois au simple trait, avec addition des douze tribus d’Israël rangées autour du dessin*.

Les deux calques de notre planche se rapportent à une seule et même miniature, copiée en deux fois pour l’Œuvre Notre-Dame sur deux feuillets distincts, de sorte qu’il faut supprimer par la pensée l’intervalle laissé en blanc et rattacher les deux moitiés des colonnes latérales et des tentures. Le tout offre une sorte de vue cavalière du tabernacle, dont on peut observer l’intérieur et les abords.

Au bas du dessin et devant l'entrée du tabernacle est figuré l’autel des holocaustes. A ses côtés se trouvent, d'une part, le bassin d'airain pour les ablutions, de l'autre, les deux trompettes d’argent, plusieurs chaudières et des ustensiles au service des sacrificateurs.

Par delà les tentures du premier voile qui s’étendent des deux côtés de l’entrée, on aperçoit à gauche le chandelier à sept branches, avec deux mouchettes, emunctoria, et une série de vases et burettes destinés à conserver l’huile. Au milieu une sorte de lanternon renferme un cierge allumé et entretient le feu perpétuel. A droite, les douze pains de proposition sont placés en deux rangées comme de grandes hosties sur une riche table d'or, aux pieds ouvragés, et ornée elle-même d un encadrement formé de vingt-six têtes de rois, le couronnement sans doute qui fut ordonné par Dieu5 *. Six vases sont poses dans les angles ou sur le milieu de la table. Un peu plus haut, et immédiatement devant le voile intérieur qui sépare le Saint du Très-Saint, est pose 1 autel dor des parfums, sur lequel on remarque un encensoir à courte chaînette.

Dans l'intérieur du Saint des Saints parait l’arche d'alliance. De même que les deux autels mentionnés ci-dessus, l’arche est munie aux angles de quatre anneaux d or, dans lesquels on a passé les barres propres à transporter ce meuble précieux, gage de la présence du Très-Haut. Le propitiatoire, sur lequel se tiennent deux chérubins, est soulevé et reculé au fond pour laisser voir l'intérieur de l'arche. Celle-ci renferme le vaisseau contenant la manne, les tables de l’alliance, la fleur de la verge d’Aaron et le livre de la loi.

A côte de 1 arche parait une seconde fois une verge en fleurs au milieu de onze verges arides, comme mémorial perpétuel du choix que Dieu a fait de la famille d’Aaron et de la préférence accordée à la tribu de Lévi.

Au-dessus du propitiatoire et entre les deux chérubins, cette fois sans les yeux semés sur les ailes», parait la face de Dieu entourée de nuages. C’est que le Seigneur manifeste sa présence et fait transmettre ses ordres au peuple d’Israël7.

Il ne me reste que des souvenirs et quelques notes d’analyse des observations communiquées par Herrade sur le symbolisme du tabernacle et de l’arche sainte. Suivant les interprétations d’Isidore de Séville, elle reconnaît dans celle-ci l’image de l’Église; l’urne d’or figure l’humanité du Christ qui cache la manne de la divinité et le pain des anges; la vero-e d’Aaron est l’insigne glorieux et toujours florissant de Jésus-Christ, notre véritable grand-prêtre8.

Sur le feuillet 46 l’artiste a tracé les quarante stations dans le désert, en désignant chacune par un édifice imaginaire comme on en voit sur d’anciennes cartes. Suivent diverses représentations qui se rapportent au séjour du peuple de Dieu dans le heu d’exil, comme la marche des Israélites, sous la conduite d’un massier qui suit alternativement une colonne

1. O. c., p. 32.

2. Les auteurs des Vitraux de Bourges donnent d’intéressants détails sur cette particularité iconographique. O. c., p. 10 etc.

3. S. Thom., in epist. Il ad Corinth. III, lect. 2. «Sciendum est quod apostolus argumentatur ex hoc quod habetur Exod. XXXIV,. ubi littera nostra habet quod Moyses habebat faciem cornutam : ita quod non possent filii Israël prope accedere. Alia littera habet faciem splcndidam, quod melius dicitur. Non enim intelligendum est eum habuisse cornua ad litteram, sicut quidam eum pingunt ; sed dicitur cornuta propter radios qui videbantur esse quasi quædam cornua.»

4. Engelhardt, o. c., p. 33. Voici la traduction allemande écrite pour

l’usage des jeunes religieuses au-dessus de quelques termes latins du texte, relatif

aux étoffes des tentures et à leurs couleurs : retortus, ge^wirnet; opus polymitum,

gikkeluêch ; cortina, rudacben; hyacinthus, grunpfellel ; hyacinthinus, grime; pur-

pureus, brûn ; purpuras, brunpfellel, rotbrunpfellel ; coccinus, rotpfellel; saga cilicina, fd\e vel tepit; qua; et vêla caprilatia, gei^in, quandoque vocantur; cilicinus, hariti;

uncinnus, crapfelin. En parlant des vêtements et ornements sacerdotaux Herrade donne entre autres les traductions suivantes: subucula vel supparus, Schurlii ; cingulum, gurlil ; mantile, hantfanc ; casula, missihachil; sandalia, Râm- schfthc; tiara, h&be; vittæ, binden, ncstilen, etc. Ibid., p. 184.

5. Exod. XXV, 25. Dans le texte du Horlus on lisait, au-dessus du mot corona, l’explication allemande ranft et bort.

6. Cf. Planche VIII.

7. Exode XXV, 22.

8. «Per hanc arcam ecclesia Christi significatur. ... In hac testament! area fuit urna aurea; tabulæ quoque et virga Aaron. . . . Urnam quoque auream intelli- gimus carnem Christi puram atque sinceram, quæ reconditum in se manna perpetuæ divinitatis conservât et angelici illius partis perennem celestemque gerit dulcedinem; nec non etiam virgam Aaron, id est, ejusdem summi verique pontificis nostri Jesu Christi salutare vexillum immortalis memoriæ viriditate frondens». Isidor. in Exod., XLIV.

de feu et une colonne de nuée, la manne tombant du ciel, le miracle de Moïse frappant le rocher et faisant jaillir une source d’eau vive, le grand raisin rapporté de la terre de Chanaan par Caleb et Josué. Ceux-ci fournissent à Herrade matière à d’ingénieuses interprétations: «Celui des deux porteurs qui marche le premier, dit-elle, représente l’ordre des patriarches et des prophètes, qui, en parlant de la passion du Christ, ont annoncé un événement futur et devant suivre; le second figure le collège des apôtres, qui ont prêché la passion après quelle eut eu lieu. Dans le premier nous voyons le peuple juif, qui s’avance, la face détournée, sans comprendre ni vénérer le mystère de la passion du Christ; dans le second nous avons à reconnaître l’Église, formée des Gentils, qui connaît et vénère les bienfaits de la croix. V ir prœce- de/is et vectem botri baiolans patriarcharum et prophetarum ordinem signijicat, qui priores passionem Christi futur am prædicabant. Sequens vero apostolicum ordinem signijicat qui passionem Christi transactam prœdicabant. V el prece- dens vir signijicat judaicum populum qui aversa fade incidens (sic) non intelligit nec veneratur misterium passionis Christi. Sequens autem signijicat ecclesiam de gentibus quœ cognoscit et veneratur bénéficia crucis Christi. »

Cette partie de l’ouvrage était richement illustrée; une miniature pressait l’autre. Celle du raisin rapporté par les explorateurs de la terre de Chanaan, ainsi que la citation ci-dessus, se voyait sur le feuillet 53 du manuscrit. Le verso représentait le châtiment de Coré, de Dathan et d’Abiron dévorés par les flammes, le serpent d’airain élevé au milieu des mourants et l’âne de Balaam.

PLANCHE XVI. MORT DE MOÏSE. SON ENSEVELISSEMENT. DAVID et goliath.

«Moïse était arrivé à l’âge de cent vingt ans quand il mourut. Son œil ne s’était pas obscurci et ses dents ne furent point ébranlées. Durant trente jours les enfants d’Israël le pleurèrent dans la plaine de Moab.» Ces versets 7 et 8 du chapitre XXXIV du Deutéronome sont inscrits à côté de cette scène de deuil du grand libérateur du peuple juif placé sur un lit de parade, presque sur son séant, tellement le lit est élevé du côté du chevet. De larges bandes de couleur jaune traversent l’étoffe qui couvre la couche.

Sur l’original cette étoffe était écarlate; celle du coussin avait une teinte rose. La pleureuse la plus rapprochée de Moïse était costumée de blanc avec ombres marquées en teintes bleuâtres, observation que nous avons faite dans toutes les miniatures du Ilorlus, l’on représente des étoffes blanches. Le personnage du milieu avait une robe bleue recouverte d’un manteau cramoisi foncé, qui laissait voir la riche bordure du vêtement. Une bordure analogue, chargée de pierres précieuses et un large orfi-oi orné de même rehaussaient le vêtement du jeune homme qui appuie la main sur le personnage du milieu. Sa robe était de couleur jaune, le manteau avait une teinte verdâtre.

Deux anges assistent à l’ensevelissement de Moïse que le Seigneur lui-même vient de déposer dans un grand sarcophage en marbre. Comme cela se pratiquait jusqu’à la fin du moyen âge, le corps du défunt est tout entier enveloppé d’un linceul. L’un des anges semble être en admiration devant les restes inanimés du grand législateur; l’autre, désigné par son nom, repousse avec une fourche un démon aux formes hideuses, qui de ses mains crochues saisit les pieds du cadavre et en dispute la possession au Seigneur. Des deux côtés de la représentation on lit, à gauche, les versets 5 et 6 du chapitre XXXIV du Deutéronome d’après la Vulgate; à droite, le verset 9 de l’epitre de saint Judc, avec quelques variantes.

Ajoutons pour le coloris que le premier ange est vêtu d’une robe d’azur et couvert d’un manteau blanc; saint Michel a une tunique rouge et un manteau vert. Cette dernière couleur, tachée de traînées noirâtres, caractérise le démon partout il parait dans l’ouvrage de Herrade.

Suivaient immédiatement sur le verso du feuillet 54 : Josué conduisant les Israélites ; Samson transportant les portes de la ville de Gaza sur les hauteurs qui regardent Hébron; le même personnage faisant crouler le temple et ensevelissant les Philistins sous ses ruines; enfin au bas, les deux scènes de David et Goliath, représentées sur notre planche, d’une teinte plus foncée que les précédentes, parce que le papier du calque appartenant à l’OEuvre Notre-Dame a fortement jauni. La même observation est applicable à la moitié inférieure de la planche XVIII.

David ne parait pas sous le costume d’un berger. Il porte tunique et manteau comme un personnage de distinction. Goliath est tout couvert de mailles, à l’exception de la tête, qu’il a négligé de couvrir avec le capuchon ou camail rabattu sur le haubert. Celui-ci se termine en manière de caleçon ample et couvre le haut des jambières. L’écu richement orné est de forme ronde.

Sur le feuillet 5g du manuscrit, David était figuré en costume royal, assis sur un faklistoire et jouant du psaltérion de forme triangulaire. Engelhardt1, et après lui Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire du mobilier*, ont reproduit cette figure, intéressante sous plus d’un rapport. L’objet que David tient dans la main droite, n’est pas un accordoir, comme le suppose Engelhardt, mais une poignée en métal, moyennant laquelle le psalmiste maintient l’instrument verticalement sur ses genoux. Le plectrum a la forme d’un bec de plume.

[. O. c., Atlas pl. IV, première figure de la troisième série.

ï. Viollet-le-Duc, o. c. II, p. 301.

Cette représentation était suivie, sur la même page, de l’Ascension d’Élie, assis dans un char de feu porté par quatre roues, pour le reste pareil à celui du Dieu-Soleil, figuré dans le même ouvrage et décrit page 5, de Job affligé de la lèpre et assisté de scs trois amis, enfin de Tobie perdant l’usage de ses yeux sous un nid d’hirondelles.

L histoire de Judith ornait le haut de la première page du feuillet suivant.

PLANCHE XVII. JUDITH TRANCHE LA TÊTE D'HOLOPHERNE. ELLE rentre a béthulie.

Les (leuK sujets n ont pas besoin de commentaires. Nous ferons observer toutefois la forme de la tente, qui n’est pas, comme le croit Viollet-le-Duc une simple tapisserie disposée autour du lit, mais bien le pavillon sous lequel habitait Holopherne et auquel 1 artiste a donne de très-petites dimensions pour pouvoir le faire entrer dans son cadre*.

La couverture du lit est doublée de vair, particularité que nous rencontrerons encore au lit de Salomon. L’anachro¬ nisme de Judith portant la tête d’Holophernc en entrant dans la ville, sur les murs de laquelle cette tête est déjà exposée, pour épouvanter l’ennemi, doit étonner aussi peu que la disproportion de la taille des deux femmes avec les dimensions de la porte d entrée et le peu d élévation des murailles. En parcourant les miniatures du moyen âge, on rencontre à chaque pas de semblables anomalies.

La manière dont Judith porte la tête d’Holopherne, placée dans la partie antérieure de la manche, fait voir que cette partie du vêtement, si démesurément développée au XIIe siècle, remplissait occasionnellement le rôle de poche.

PLANCHE XVIII. FESTIN D’ASSUÉRüS. CHATIMENT D’AMAN.

MARIE, SOEUR DE MOÏSE.

ESDRAS OBTIENT L’ÉDIT PERMETTANT AUX JUIFS DE RENTRER DANS LEUR PATRIE.

Le feuillet qui portait les deux représentations précédentes, était tout entier consacré aux miniatures. Immédiatement sous Judith, paraissait la scène du festin d’Assuérus et de l’exécution d’Aman; au bas on voyait assis sur le même siège trois souverains dont l’un remettait un rouleau à Esdras.

Les détails que la première miniature nous fournit sur les usages culinaires et sur le service de table au XIIe siècle, présentent un intérêt particulier. La table est couverte d’une nappe blanche, ramenée sur elle-même de distance en distance, comme 1 indiquent les plis qui paraissent sur la face antérieure. Sur cette nappe, et répondant exactement aux dimensions de la table, est étendue une seconde nappe damassée, de teinte jaunâtre, rappelant les toiles cirées qu’on voit de nos jours sur quelques tables bourgeoises. Le poisson est le mets principal, le plat de distinction. 11 paraît trois fois dans ce service royal avec une brestelle et quelques gâteaux en forme de demi-lune. Les ustensiles consistent en deux couteaux, armés de pointes pour enfourcher les morceaux qu’on portait à la bouche. Un seul gobelet se trouve sur la table. Il est en bois et façonné comme une petite cuve. Un vase élégant